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28/06/2009

La solution d'Obama en Iran

obama.jpgMonsieur Obama appelle la population civile et le gouvernement iraniens au calme. Sans mésestimer les motifs humanitaires de cet appel, il existe des raisons stratégiques qui sont moins nobles et sûrement plus déterminantes dans le calcul diplomatique américain. Les USA ont cependant un moyen simple pour redorer leur image.


L'Iran subit un blocus économique décidé par les USA. Ce blocus interdit tout investissement et transfert technologique occidental en Iran. Le pétrolier français Total avait reçu des menaces de l'administration américaine après avoir passé un accord pour construire une raffinerie.

L'Iran, 4° producteur de pétrole du monde, est dans l'incapacité de raffiner son pétrole depuis les destructions de la guerre qui l'a opposée à l'Irak. Elle doit importer de l'essence, un essence raffinée par des compagnies occidentales.

La proportion de la sous-traitance du raffinage du pétrole iranien confié à des compagnies occidentales varie de 40% à 80%. (ex. : http://www.fabiendany.com/fr/ration.php) Cette proportion est encore accrue par les sabotages. Un attentat à la bombe détrusit ainsi le 3 septembre 2005 les oléoducs approvisionnant la raffinerie d'Abadan représentant à elle seule 30% de la capacité de raffinage de l'Iran. (Jean Lafaye Euro Orient N°26 - 2005 "L'Iran paradoxal" p.166).

Le blocus entretient une situation de déficit énergétique pouvant expliquer le souhait du gouvernement iranien à développer un programme nucléaire pour alléger les conséquences de la politique des USA. Les Américains maintiennent donc délibérément l'une des plus grandes puissances pétrolières en état de dépendance énergétique tout en lui augmentant le coût de ses propres ressources (exportation du produit brut, facturation du raffinage, réimportation des produits raffinés), que des attentats de mouvements séparatistes - soutenus par l'étranger - viennent amplifier.

L'essence est un problème crucial pour le pouvoir iranien compte tenu de l'importance du parc automobile en Iran et particulièrement à Téhéran.

Les restrictions d'essence sont un facteur de tension auquel le gouvernement des Mollahs tente de remédier par un régime de subventions dpour maintenir le prix à un seuil raisonnable. Cette politique d'aides à un prix bas du carburant a favorisé un traffc de ce carburant "subventionné" vers les pays voisins, comme le Pakistan ou l'Afghanistan, où le prix est plus élevé. Cette exportation clandestine augmente la demande en carburant, oblige l'Iran d'en importer et d'en subventionner encore plus, augmentant ses charges. Ce trafic et les contrats de raffinage à l'étranger génèrent et entretiennent la corruption des Mollahs qui, ayant intérêt à le voir se péréniser, sont devenus les complices objectifs des multinationales occidentales, lesquelles ont elles-mêmes intérêt de voir le blocus américain durer.

D'autres gouvernement prônent en Occident une réaction plus ferme que M. Obama à l'égard de l'Iran. Il faut voir dans quelles proportions leurs compagnies nationales sont écartées du marché de raffinage et de l'accès privilégié aux ressources pétrolières iraniennes.

Monsieur Obama peut calmer très rapidement la situation politique en Iran en revoyant les conditions du blocus, ne serait-ce qu'en autorisant ce pays à disposer d'une capacité de raffinage à la mesure de ses besoins.

Une telle décision priverait les "va-t-en guerre" et leur vision à court-terme d'un nouvel affrontement au Moyen Orient. Ces "va-t'en guerre" font cependant le jeu des USA en soufflant le chaud là où le président US apparaît comme le modérateur d'une situation dont son pays est pour l'essentiel responsable.

L'Irangate a démontré que les USA savent moduler le blocus quand il s'agit de le contourner pour vendre des armes et des munitions - par l'intermédiaire d'Israël - au régime iranien. Obama a levé le blocus contre Cuba. Le régime communiste voisin des  USA n'est pas démocratique et l'Iran organise des élections.

Neda Soltani.jpg
Neda Soltani

Les Iraniens meurent pour la même raison que les Irakiens ou les Afghans : permettre aux démocraties occidentales de continuer à faire rouler les voitures de leurs électeurs et prospérer la synergie de son industrie pétrolière (transport aérien, automobile, grande distribution, finance). Voilà  aussi pourquoi des gens meurent où il y a du pétrole. Comme Neda Soltani.

Business first.

Sur le blocus américain contre l'Iran:

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

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