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29/04/2009

Vivre et penser avec la fièvre porcine

vivre porcs.jpgLe monde s'affole. Après la crise alimentaire, la crise financière, voila une nouvelle crise sanitaire.

Quand cessera-t-on d'être pris pour des idiots ? Surtout que les informations sur l'existence d'une "pandémie" sont remises en cause (ici par exemple).

Au delà de la rumeur, se pose une autre question. Quand arrêtera-t-on d'émouvoir l'opinion sur les conséquences prévisibles de choix de sociétés présentés comme les meilleurs qui soient ?


Des hommes « sont comme le lierre, qui ne tend point à monter plus haut que les arbres qui le soutient, et même souvent qui redescend après qu'il est parvenu jusqu'à leur faîte » (Descartes)

Ce ne sont pas les informations et les interrogations qui manquent pour mesurer l'erreur du chemin emprunté :

"Nos enfants nous accuseront"
"Fast food Nation" (lire la rubrique "quelques données" du site du film)
"Le cauchemard de Darwin"
"Une vérité qui dérange"
The big ask
"Supersize me"

Une liste plus complète des films sur l'écologie et l'environnement : ici

Tout d'abord. D'où vient cette grippe ?

On ne voit nulle part évoquées les conditions d'élevage des animaux, les sociétés qui s'en occupent, l'origine et la rentabilité des capitaux, les conditions sanitaires des animaux comme des salariés (n'aboutit-on pas à confondre les deux ?)...

Qui se préoccupe de savoir comment on parvient à produire de la viande pas chère ? Qui se préoccupe des doses d'antibiotiques administrées au bétail pour prémunir le cheptel d'une épizootie, dont le souci n'est pas de préserver la santé du consommateur mais la rentabilité de l'exploitation ?

Si l'avantage des antibiotiques est de permettre à l'exploitant d'être moins rigoureux sur les conditions d'élevage et d'abatage des animaux, l'inconvénient est de faire muter les virus et les rendre plus résistants. Sans parler de  la viande ainsi proposée à la consommation dont les conséquences sur l'homme du cocktail pharmaceutique restent à préciser, notamment sur la baisse de fertilité. Il n'y a que les pays riches où cela se vérifie. Normal. Ils sont les seuls à pouvoir se payer de la viande et à en manger...

Bon appétit.

dopage.jpgL'élevage industriel ressemble à un banc d'essai du dopage. Une étude comparative entre le suivi vétérinaire d'un porc au Mexique et celui médical d'un coureur cycliste est envisageable. La performance et le rendement sont recherhcées dans les deux cas, l'espérance de vie de la « bête » n'étant pas la considération prioritaire, puisque celle d'un cochon appelé à disparaître est très courte et celle d'un sportif de haut niveau est assez souvent inférieure à la moyenne.

Pendant ce temps des laboratoires cherchent les causes des maladies de Parkinson ou d'Alzheimer, maladies dégénératives du système nerveux, mais ne serait-ce pas l'idéologie qui est dégénérée ? Quand la composition des produits alimentaires ressemble à un cours de chimie, sans parler du savoureux cocktail de pesticides (voir une liste ici), nitrates, hormones et OGM divers et variés comblant un esprit curieux et pouvant l'occuper bien au-delà du temps nécessaire à ingurgiter son sachet repas.

Qui s'est préoccupé des conditions de travail des Mexicains jusqu'à aujourd'hui ? Et des Chinois, et des ...

Personne, mis à part quelques fonctionnaires internationaux, des ONG sans le sou pour épuiser les bonnes volontés ou servant de défouloir à des idéalistes encombrants, quelques intellectuels ou journalistes dédaignant le discours consensuel et opportuniste. Rien que des marginaux...

William Cavanaugh explique comment des ouvriers meurent d'épuisement pour assurer la rentabilité des délocalisations dans son livre « L'Etre consommé ».

fastfoodnation.jpgAlors imaginons un ouvrier mexicain payé à coup de lance pierre et pieds nus toute la journée dans des bottes usées à marcher dans le lisier d'un élevage industriel de cochons nourrit à coup d'antibiotiques. Ce n'est pas le cochon qui risque de tomber malade.

La logique libérale s'en fout du salarié. Il n'est pas immunisé - ça coûte trop cher - et s'il tombe malade, ou il meurt, elle part du prinicpe qu'il y a en beaucoup d'autres qui n'attendent que de pouvoir le remplacer et récupérer ses bottes.

Voilà la logique de la saucisse bon marché du supermarché. C'est la même que celle du steack, et de la vache folle ou des cuisses de poulet et de la grippe aviaire.

La globalisation aboutit à priver des populations de grains pour nourrir les bêtes à viande des pays qui ont les moyens d'en manger, ou fabriquer des bio-carburants pour permettre aux mêmes de continuer à aller faire leurs courses et d'entretenir leur cholestérol, leur diabète et leur cancer à coup de promotions et de remises.

Pendant ce temps, 8 millions d'enfants meurent de faim en Afrique. Tous les ans.


Gaza, pas d'eau, pas d'électricité, 3000 habitants au km carré, 60% de chômage, ghetto économique, champ de tir pour militaires suréquipés...

On en parle peu, ou pas.

Normal.

enfant vautour.jpgLes décès d'enfants n'ont aucune incidence sur le fonctionnement du marché global, le cours des actions des géants de l'agroalimentaire, qui javellise la viande, exploite la main d'oeuvre mexicaine à fabriquer de la viande aux hormones souillée et bourrée d'antibiotique, dans des conditions lamentables, tant pour l'homme, la bête que pour l'environnement.

Quant à ce qui se passe à Gaza... Cela renforce la communication basée sur l'exclusion et la stigmatisation, sur la racaille et le Karcher,  apaise le ressentiment d'électeurs maintenus dans la frustration et dont la seule réponse politique est un discours sécuritaire consacrant la peur et la haine.

Les promoteurs de la globalisation réduisant les distances sur la planète réussissent à convaincre les gens à s'isoler. Tout le monde vit enfermé chez soi dans le « village mondial ».

super-size-me.jpgComme l'économie, la « mal-bouffe », la peur est devenue globale. On avait oublié que les épidémies le sont aussi.

Tout le monde est concerné.

Ce n'est pas quand l'accident prévisible arrive qu'il faut s'alarmer.

« Quelle idée chérie, d'avoir laissé les enfants jouer avec le briquer près de l'essence... »

Les 8 millions d'enfants d'Afrique meurent tous les ans dans l'indifférence, parce cela n'intervient pas et ne menace pas le confort de l'occident.

enfant guerre.jpgLa Palestine est un moteur aux exportations d'armes, une source intarissable de revenus du complexe miltaro industriel qui contribue aux affaires d'Israël. qui n'a hésité à servir d'intermédiaire aux USA contournant leur propre embargo pour fournir munitions et pièces de rechange à l'Iran  (!) en guerre.

La France armait l'Irak dans le même temps par des procédés tout aussi illégaux (Affaire Luchaire).

Les marchands comme les clients ont armés des enfants... (Les enfants soldats)

La cour pénale internationale limite ce débat à l'Afrique, aux « chefs de guerre », jamais aux bénéficiaires des conflits permettant d'exploiter des ressources rares... comme le coltan en République démocratique du Congo dont l'exploitation a été dénoncée par plusieurs rapports d'experts du conseil de sécurtié de l'ONU depuis 2001.

Pourquoi ?

Sujet délicat.

Les droits de l'homme sont une bonne chose, mais ils sont contraires à la "real politik" comme l'a reconnu un ministre des affaires étrangères, Le Monde Diplomatique révèle par exemple que l'exploitation du coltan en RDC profite - entre autres - à un ami du chef de l'Etat de ce ministre des affaires étrangères ("Les guerres africaines de Vicent Bolloré" par Thomas Deltombe - avril 2009).

Le coltan est utilisé dan la fabrication des GSM et des consoles de jeux. Ses cours ont explosé depuis le début du siècle.

travail forcé.jpgOn mesure le peu d'effet du "devoir de mémoire" chez ceux-là même qui le promeuvent. Imposture ou posture d'imposteurs ?

Le souci de la politique n'est plus la politique mais les affaires, le business. Favoriser la rentabilité des investissements, d'une économie casino qui s'enivre et se réveille avec la gueule de bois.

L'inconvénient d'un tel glissement est de plus réfléchir sur les comportements et leurs conséquences, ce qui détermine l'acte d'achat du consommateur, et leur part de responsabilité dans le développement d'un système qui génère et développe des pandémies.

La santé publique, les accidents de la route, n'éveilleraient peut être pas tant l'intérêt des pouvoirs publics s'ils ne coûtaient pas « si cher ». Le fait que la prévention des suicides, aussi nombreux que les vicitmes de la route, ne fasse l'objet d'aucune campagne permet de s'interroger.

La globalisation et la massification de la consomamtion fait qu'il y a de moins en moins d'actes anodins.

La mondialisation engendre et amplifie une sorte d'effet papillon économique.

L'allumette d'ici pour allumer la cigarette embrasse des forêts là-bas et tue des Chico Mendes, Monseigneur Roméro,  et bien d'autres (ici,,ici,, ). Pratique encouragée depuis longtemps par des Etats civilisés comme l'a montré le sort funeste de Jacobo Arbenz Guzman, l'histoire du Congo belge ou les mémoires de Paul Aussarès.

L'illusion de la croissance, pour la croissance, des économies faîtes grâce au mass-market, n'est que temporaire. Il n'y a pas d'économie. Les coûts sont payées cash par les employés du tiers monde et l'environnement saccagé. L'effet domino et le tsunami écologique, économique et humain qu'ils préparent font que la facture finira par arriver, en même temps que l'épuisement des ressources, une hausse des prix, et une immigration de pressante. On ne maintient pas - même par la force - des populations sur des territoires dévastés.

crise.jpgUne vie à crédit se paye toujours comme l'illustrent les subprimes. Surprises surprises... Il n'est pas douteux, qu'aujourd'hui déjà, les mêmes s'attellent - sous la pression des épargnants et des investisseurs - à récupérer l'argent perdu lors de la dernière crise,  et bricolent dans la précipitation les conditions de la prochaine.

Paradoxe du système, ce sont ceux qui n'ont rien ou presque qui en supportent le plus le coût tout en le faisant focntionner. C'est la logique de la socciété de consommation de masse qui prospère sur l'absence de sens critique.

La logique de la grande distribution amène paradoxalement les ménages modestes d'ici à exploiter la misère des pauvres de là-bas, pour enrichir les maîtres de l'économie virtuelle aboutissant à supprimer les emplois des plus humbles en cas de crise, injuste récompense d'un cercle vicieux où la paupérisation progressive de la population favorise l'accroissement et la concentration de la fortune.

enfant soldat.jpgCette même logique s'observe dans le trafic d'arme, de drogue, de matières avariées, de trafic de bois précieux, l'obésité, l'aloolisme, le tabagisme, le sida...

Les pouvoirs publics pourraient demander au système éducatif de promouvoir une réflexion sur ces dérives du monde contemporain, plutôt que d'enfermer les consciences dans un rapport de droits et d'obligations qui n'est qu'une contrainte de plus au libre arbitre, à l'émancipation. Apprendre à mesurer les conséquences de ses actes individuels au niveau de la collectivité.

Aucune émotion particulière.

 

géopolitique de l'émotio001.jpg

Dominique Moïsi dans « la géopolitique de l'émotion » cite Stanley Hoffman en rapportant que « c'est être réaliste que d'être moral ». Comme Fouillée « qui dit contractuel dit juste ». Ces phrases sont à double sens. Encore faut-il que l'acceptation morale prévaut sur l'utilitarisme.

Multiplier les expériences comme « une heure pour la planète » et communiquer les résultats, multiplier les dimanche sans voiture (voir le voile gris qui couvre l'horizon du ciel de Bruxelles les jours de beau temps et les indices de qualité de l'air), etc. N'est-ce pas surprenant en 2009 que l'eau du robinet ait un si mauvais goût qu'il faille en acheter en bouteille ? Capitale de l'Europe ...

La marche obstinée au désastre du discours dominant est aussi nihiliste que Nietzsche pouvait l'être : "La terre a une peau et cette peau a des maladies ; une de ces maladies s'appelle l'homme."

Cette tentation de l'efficacité et du résultat menace la démocratie.

Giorgio Agamben.jpgLe philosophe, et ami de Julien Coupat, Giorgio Agamben, a donné une conférence à Notre Dame de Paris (!) Un passage de son intervention est intéressante :

"(...) une hypertrophie inouïe du droit, qui prétend légiférer sur tout, mais qui trahit un excès de légalité la perte de toute légitimité véritable. Je le dis ici et maintenant en mesurant mes mots : aujourd'hui il n'y a plus sur Terre aucun pouvoir légitime et les puissants du monde sont tous eux mêmes convaincus d'illégitimité. La juridicisation et l'économisaiton intégrale des rapports humains, la confusion entre ce que nous pouvons croire, espérer, aimer et ce que nous sommes tenus de faire ou de ne pas faire, de dire ou de ne ps dire, marque (...) la crise du droit et des Etats, (...)"

Une note d'optimisme est apportée par Pierre Rabhi dans un entretien sur France Culture, nouvel Hubert Reeves, plus terre à terre.

La dérive de la société - peut-on encore parler de "culture" ou de "civilisation" quand ces deux mots font plus référence à un passé révolu qu'à un présent se caractériséant par une uniformisation de la pensée et du goût ? - la dérive de la société occidentale dont le comportement témoigne d'une abdication de toute éthique au profit de la rentabilité - victoire de l'utile sur le juste - est l'aboutissement du laminoir intellectuel qu'engendre le formatage politico administratif du discours, alors qu'il aurait du s'attacher à encourager et développer un progrès intellectuel, faible ou inexistant, au regard des propos d'écrivains d'il y a quelques milliers d'années déjà.

Isocrate.jpgQuelle différence en effet depuis Isocrate, par exemple ? Ce que dit ce grec est encore d'actualité après 2400 ans :

« Ce n'est pas dans les lois, c'est dans les moeurs qui règlent la conduite de chaque jour, que la vertu peut trouver son accroissement, car les hommes, en général, se modèlent sur les moeurs au milieu desquelles leur éducation s'accomplit. La multiplicité des lois, comme le soin avec lequel elles sont rédigées, est l'indication d'une mauvaise organisation de l'état social, car elles prouvent la nécessité d'opposer par le grand nombre des lois un rempart à la multitude des crimes. [41] Les peuples sagement gouvernés ne doivent pas couvrir de lois leurs portiques, mais ils doivent avoir la justice dans le coeur. Ce ne sont pas les lois, ce sont les moeurs qui assurent la félicité des États, et les hommes nourris dans de mauvais principes oseront toujours transgresser les lois les plus habilement rédigées ; tandis que ceux qui auront été élevés dans des principes sages, voudront toujours obéir aux lois, même les plus simples. » (texte intégral)

On ne peut pas indéfiniment s'ébaubir devant le design novateur du dernier ouvre boîte...

laborit.jpgLa société contemporaine des « automobilistes du Néerdentahl » (Henri LaboritLa Colombe assassinée), prêts à tuer pour une place de parking (!).

Les faits divers marquent le niveau d'échec d'une société et la disproportion entre la violence et ses causes l'importance de cet échec.

L'époque serait-elle celle des brutes, du cerveau reptilien à l'ère numérique, maître du système technicien décrit par Ellul ? Un tel enfermement technologique conduit à « La condition inhumaine » (Olivier Dyens) et la singularité, qui, comme son nom ne l'indique pas clairement, annonce une situation irréversible.

 

condition inhumaine001.jpg

Les peuples ayant échappé au progrès semblent finalement les mieux armés à assurer le survie de l'humanité.

Inertie funeste du monde. Funeste pour l'homme. La Nature s'en remettra quand il aura disparu. L'écologie reprendra ses droits quand le principal facteur de pollution aura disparu et il semble qu'il y travaille avec ardeur.

armesmexique.jpgVoilà tout le débat qu'il y a derrière cette grippe porcine, après la grippe aviaire, la vache folle, la tremblante du mouton, le Sida, le tourisme sexuel, la drogue, la corruption, les conflits régionaux, la spéculation, la crise, ...

Les apparences touchent le fondement de la démocratie en pervertissant le droit, cf. les affaires Burgaud, Outreau, Coupat, AZF, protestation contre le pape, Fortis, Etc.

L'effet mystificateur d'un formalisme procédurier l'emportant sur le fond, la motivation politico-administrative au mépris des principes fondamentaux, aboutissant à un « pharsianisme juridique » (Eric de Montgolfier « le devoir de déplaire »), un fascisme mou de petits chefs chafouins.

 

Rapport mondial corruption.jpg

« Le mot "administration" commence comme "admirable" et finit comme "frustration" ». (Georges Elgozy, Les paradoxes des technocrates - Denoël, 1966).

Franc maçon.jpgLes grands principes sont rangés avec la bibliothèque rose.

"La France est un pays étrange, qui invente des notions juridiques très élaborées, dont les principes qui les régissent sont régulièrement démentis par le fonctionnement concret des institutions. (...) Le service public est une merveilleuse invention dont on peut penser qu'elle devrait être de nature à faciliter la vie des peuples. les contradictions, voire la schizophrénie, font peut-être partie de l'identité nationale française. Il arrive cependant un moment où l'écart entre les principes enseignés et la réalité vécue est tel que l'on se prend à douter de l'utilité d'enseigner des principes si peu appliqués." Jean Marie Pontier

On ne pèse plus une procédure au regard du droit mais au regard de son poids, comme si le droit était devenue un commerce en gros. Une administration précise que le dossier Tarnac compte déjà plus de 7000 pages, comme s'il s'agisait d'un communiqué de victoire.

« L’ordre juste de la société et de l’État est le devoir essentiel du politique. Un État qui ne serait pas dirigé selon la justice se réduirait à une grande bande de vauriens, comme l’a dit un jour saint Augustin: «Remota itaque iustitia quid sunt regna nisi magna latrocinia ? » » (Deus caritas est N° 28)

Benoît XVI, Isocrate, Giorgio Agamben et bien d'autres font un même constat, au delà du temps et des frontières.

Un tel télescopage d'intelligences devrait provoquer l'effervescence d'idées et générer des réponses et des initiatives autrement plus consistantes que des déclarations d'intention restant trop souvent lettres mortes dans les faits, pour n'avoir été que des opérations de communication destinées à endormir l'opinion. Le minimum d'exigence intellectuelle n'est même pas satisfait.

Pourquoi ?

BIDON.JPGParce que la politique n'est peut-être plus un débat d'idées mais avant tout un investissement.

On construit et on finance un candidat, on lui attribue des équipes de communication, on lui paye des sondages, on inonde la presse de ses résultats,  on sature la presse du moindre de ses actes sans distinction entre l'essentiel du superflu...

Les politiques-sandwichs, super représentant de commerce, flon-flon, mauvais petits-fours, mousseux indigeste, ballon de rouge et banquette de moleskine, sauterie pour « happy-few » impécunieux.

Le chômage et la violence sont les indicateurs de l'inefficacité politique comme l'état d'une prison révèle le degré de civilisation d'un pays.

Le marketing politique, le « bling-bling », ont réduit l'ambition à l'appart, l'apparat et aux apparences. L'inutile est devenu indispensable. L'inertie de la médiocrité anesthésie toute velléité de rigueur.

Le respect de la personne humaine, des conditions de travail de la Mexicaine dans des abattoirs  industriels à la caissière du supermarché en bout de chaîne se mesure au bas de la feuille de paye, aux conditions de travail, aux horaires mobiles, au harcèlement, à la pression... A la façon dont les gens se parlent ou se méprisent.

L'époque est au mépris qui se lit sur les visages fermés dans le bus ou un tramway. Il suffit pour le voir de marcher sur un trottoir.

L'humanisme est souvent évoqué par des bouches gourmandes et satisfaites comme celle du proxénète parlant d'une femme.

Une solution existe. Bon marché, à la portée de tous.

Etre humain, redevenir simplement humain, sans sophistication.

Pas besoin de moyens, de finances, de budget, de crédit, de débat, de motion ni de vote.

Il serait préférable et plus logique que l'exemple vienne d'en haut.

Rien n'empêche d'espérer.

C'est une question de mentalité. De conscience aussi.

La conscience ?

Serait-ce que la pensée politique a cessé de s'y référer pour avoir exclu la transcendance du débat public, il y a deux cents ans ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Livre_noir_de_la_r%C3%A9v...
http://www.canalacademie.com/Le-Livre-noir-de-la-Revoluti...

Il n'y a pas si longtemps un pasteur a avoué faire un rêve : " I had a dream".

Un rêve.

Le monde ne rêverait-il plus ? Le financier l'aurait-il emporté sur le savetier.

 

Annexe

Est-ce dans ce monde là que nous vivons ? :

mer-daral-bateau-fantome.jpgSource AFP 09-08 09:43:15 == La région de la mer d'Aral (sud-ouest du Kazakhstan) subit de plein fouet les conséquences de l'assèchement de la mer, mais elle doit aussi affronter les retombées néfastes du programme spatial russe et des tests des armes bactériologiques soviétiques.

La disparition quasi-totale de la mer d'Aral en 40 ans, suite à la construction de canaux d'irrigation sur le fleuve Amou-Daria (nord de l'Ouzbékistan) pour développer la culture de coton dans le désert ouzbek, est la principale responsable des taux de morbidité records de la région.

Les habitants de l'ancien port de pêche d'Aralsk, désormais à plus de 70 kilomètres de la mer, souffrent avant tout du manque d'eau potable dont la salinité a augmenté avec le recul de la mer.

L'eau de la région contient désormais quatre fois plus de sel que la limite fixée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), provoquant la multiplication de maladies digestives et rénales.

De plus, les engrais chimiques qui étaient destinés à la culture du coton imprègnent les anciens fonds marins et, soulevés par le vent, polluent l'air.

"L'homme respire en permanence le sel et les engrais. Presque toute la population est anémique. Le lait des femmes est pollué par les nitrates ce qui rend encore plus malades des bébés déjà affaiblis par l'anémie", explique Charapat Medetov, le médecin-chef adjoint de l'hôpital d'Aralsk.

Ce phénomène est amplifié, selon lui, par une conséquence inattendue des lancements spatiaux du cosmodrome de Baïkonour, à quelque 200 km au sud d'Aralsk.

"Dans la journée qui suit le décollage d'une fusée, des tempêtes de sable et donc de produits chimiques se lèvent. Lorsque cela arrive, on ne peut même pas ouvrir les yeux", affirme M. Medetov.

Les infections oculaires, les maladies neurologiques et de la peau qui ont statistiquement augmenté à Aralsk seraient donc provoquées par les lancements des fusées, mais aucune étude scientifique ne l'a prouvé.

Au delà de ces drames quotidiens, les habitants d'Aralsk disent vivre avec une troisième épée de Damoclès au dessus de leur tête.

armes-chimique.jpgEn effet, l'Armée rouge avait choisi l'île de Vozrojdenie --ironie de l'histoire, son nom signifie "renaissance" en russe-- pour tester des armes bactériologiques.

Pendant près de 60 ans, les scientifiques soviétiques ont développé, dans les laboratoires ultra-secrets de cette île de la mer d'Aral que se partagent aujourd'hui l'Ouzbékistan et le Kazakhstan, des variétés renforcées de maladies comme la peste ou le bacille du charbon (anthrax).

Si toute l'infrastructure de l'île a été détruite en 1991 et que les expériences ont cessé, les scientifiques se demandent dans quelle mesure certaines de ces maladies à usage militaire ont pu survivre dans la nature.

Les médecins d'Aralsk se veulent rassurants et expliquent que "le soleil est un désinfectant très puissant".

Jusqu'à présent les risques de propagation de telles infections étaient faibles, l'île étant inhabitée. Mais la disparition de la mer d'Aral pourrait bien provoquer l'ouverture de la troisième "plaie" d'Aralsk.

Docteur Moreau.jpgCar le recul des eaux a déjà transformé Vozrojdenie en une presqu'île qui n'est séparée du continent que par un marécage.

"Le jour où le passage sera complètement sec, les animaux pourront quitter l'île et répandre leurs éventuelles maladies", avertit Askar Khoussaïnov qui dirige une organisation de défense des habitants d'Aralsk.

En 2002, l'armée américaine, craignant des attaques terroristes, avait pris les devants en obtenant des autorités ouzbèkes le droit de se rendre sur Vozrojdenie pour détruire des stocks d'anthrax qui y avaient été enterrés. (1)

nb : la dernière photo est une image du film "l'Ile du Docteur Moreau"

(1) Le Figaro : "Plus inquiétante encore, l'île de Vozrojdenie («Résurrection»), située jadis dans la Grande Mer, à la frontière entre le Kazakhstan et l'Ouzbékistan, est reliée à la terre ferme depuis avril 2001. Les Soviétiques y avaient installé un laboratoire secret d'armes bactériologiques où furent testées et stockées des souches pathogènes telles que l'anthrax, la peste bubonique, le typhus et la variole. À la chute de l'Union soviétique, les scientifiques quittèrent l'île en assurant l'avoir décontaminée. En réalité, plusieurs fûts contenant de l'anthrax furent enterrés sur l'île. Des hommes et des animaux s'aventurèrent sur l'île jusqu'à ce que l'on découvre que des souches bactériennes étaient restées actives. En 2001, un accord fut conclu entre l'Ouzbékistan et les États-Unis au terme duquel les Américains ont commencé à nettoyer l'île dont l'accès est depuis interdit."


 

Commentaires

Bonjour Annie, toujours très pertinent vos analyses. Je vous rejoins (avec un billet sur cette fichue grippe) d'ici quelques jours ...

Merci Anne, au plaisir de vous lire.

Écrit par : Anne | 12/08/2009

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