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17/04/2009

Julien Coupat, la France d'en bas

libération-coupat.jpgLibération expose une nouvelle dérive judiciaire française, un nouvel Outreau.

http://www.liberation.fr/societe/0101562270-sept-mois-de-...
http://www.liberation.fr/societe/0101562266-la-fabrique-d...
http://www.20minutes.fr/article/283912/France-Sabotage-SN...
http://www.liberation.fr/societe/0101302665-sncf-la-justi...
http://www.cdad-valdemarne.justice.fr/adresses-utiles/fic...

http://www.wikio.fr/societe/justice/avocats/irene_terrel http://www.metrofrance.com/x/metro/2009/04/02/OpnnE79xLir...

http://ma-tvideo.france3.fr/video/iLyROoafJCG4.html

http://www.avocatparis.org/Eannuaire/Resultat2.aspx?cnbf=...

L'affaire de Julien Coupat est symptomatique de la dérive d'un mode de pensée, d'une mentalité - qui ne sont pas propres à la France, même si elle sert à l'observation, mais d'un phénomène très contemporain où la prétention le dispute au mépris.

Mise à jour : l'interview du Monde donné par Julien Coupat depuis sa cellule.


Gomez et Dubois inspirent-ils la doctrine sécuritaire ?

La situation de Julien Coupat permet de s'interroger d'où vient le risque terroriste et à quoi sert l'Etat, celui-ci plutôt qu'un autre, même désigné comme dangereux ou menaçant. Quelle différence pour Julien Coupat entre le comportement qu'il subit actuellement et une éventuelle menace d'un pays totalitaire ? Où sont les garanties judiciaires quand on assiste à une telle inversion de la valeurs normatives des textes, où la procédure - son épaisseur et non son fond - tend à pallier la violation du droit et plusieurs principes fondamentaux censés gouverner toute société démocratique ?

Julien Coupat est un ami du philosophe Giorgio Agamben qui donna une conférence intitulée "L'Eglise et le royaume" à Notre Dame de Paris dans le cadre du Carême 2009 : " A l'éclipse de l'expérience messianique de l'accomplissement de la loi et du temps, correspond une hypertrophie inouïe du droit, qui prétend légiférer sur tout mais qui trahit par un excès de légalité la perte de toute légitimité véritable. Je le dis ici et maintenant en mesurant mes mots : aujourd'hui il n'y a plus sur terre aucun pouvoir légitime et les puissants duu monde sont tous eux mêmes convaincus d'illégitimité. La juridicisation et l'économisation intégrale des rapports humains, la confusion entre ce que nous pouvons croire, espérer, aimer et ce que nous sommes tenus de faire ou de ne pas faire, de dire ou de ne pas dire, marque non seulement la crise du droit et des Etats, mais aussi et surtout celle de l'Eglise".

Les catholiques seraient aussi de dangereux terroristes ? Va-ton rafler dans les églises ? Saisir les missels ? Les annexer à une procédure dont le Monde fait l'inventaire. A lire cet article, il apparaît que le ministère de l'intérieur a fait une adaptation du "Tailleur de Panama". Reste à savoir qui tient le rôle de Andy Osnard et de Harry Pendell. Sauf que, pour Julien Coupat, ce n'est pas du cinéma. Rectangle blanc pour le droit.

Ce sont toutes ces questions que pose ce fait divers  qui vient rejoindre une longue série et un cadre politique nécessaires de détailler pour appréhender le caractère peu fortuit d'une tendance qui révèle un mépris tant pour l'homme, l'individu, que pour le droit et la démocratie.

On évoque souvent l'évolution des mentalités. Le progrès intellectuel n'a pas connu la même prospérité que les techniques. Certains relâchement sont vécus comme des avancées.

La condition féminine a progressé par rapport au Code civil, révélateur d'une mentalité étriquée ayant donné force de loi à la mysoginie. Cette inspiration serait-elle parvenue à consacrer la médiocrité comme un art de vivre ? La condition de l'ouvrier et son livret ont témoigné de la nature bourgeoise et patrimoniale des Lumières révolutionnaires. Il semble que la condition humaine n'ait pas beaucoup progressé depuis. Certains auteurs se sont intérrogés. Puis se sont tus ou sont rentrés dans le rang.

Le pays de Julien Coupat.

Les relations police et justice y sont parfois assez surprenantes. Est-ce une nouvelle affaire des "Irlandais de Vincennes" (*) ou une affaire "Schuller Maréchal" (*, **) qui valut sa place au directeur de la police de l'époque, suite à une interpellation qui apparut comme une opération de déstabilisation d'un juge ?

Ce long tour d'horizon est nécessaire pour mesurer l'importance du malaise dans lequel se produit l'incarcération de Julien Coupat. Il permet aussi de comprendre l'indifférence. Les esprits sont blasés par leur confrontation constante à des situations exorbitantes qui par accumulation a fini par les habituer à l'anormal, au scandale ordinaire.

Un pays a placé au pouvoir son ancien ministre de l'intérieur, promoteur d'un discours tonitruant  et d'une action fondée sur la politique du résultat dont les mots d'ordre sont « Karcher » et « Racaille ». Ce discours violent a fait florès au point de connaître une certaine apothéose dans l'insulte.

Un tel discours n'a pour effet que de provoquer l'exaspération.

Une femme est venue corriger l'image d'un « omniprésident » vibrionnant. "Speedy Sarko" - comme l'appelle le Tout Paris et le rapporte Guy Birenbaum dans son ouvrage « Nos délits d'initiés » – s'est amélioré dans les apparences. Mais le fond demeure et certains écarts témoignent de la persistance d'un naturel difficile à dompter.

Son discours sécuritaire a généré la confusion entre l'ordre et la justice. Il est parvenu à faire passer l'apparence du droit pour du droit. La France est devenue le pays des droits de l'homme Canada Dry.

Son ultime évolution de l'ordre est de s'être placé au garde à vous dans l'OTAN, au service des intérêts américains.

Le rapport du National Energy Policy Development rédigé par Dick Cheney en mai 2001 prône une mainmise sur les hydrocarbures à travers le monde, par des moyens incluant la force armée, en prévision de l'augmentation des besoins pétroliers des USA. L'action du National Energy Policy Development est fortement critiquée.

Ce souci des apparences est allé jusqu'à arracher les drapeaux de la paix.

Drôle de paradoxe pourtant de le voir incapable de maîtriser les manifestations malgré un déploiement pharaonique de forces de l'ordre quand d'autres parviennent à accueillir les mêmes hôtes sans transformer leur capitale en ville morte.

Un droit du superflu pour oublier l'essentiel.

Le tumulte de Strasbourg est venu éclipser opportunément l'injustice dont souffre Julien Coupat.

La ministre de l'intérieur rigoureuse a pris l'initiative d'un décret pour interdire les cagoules. Manoeuvre de diversion pour éxonérer l'impéritie de forces de l'ordre incapables d'empêcher les dégradations, dont des riverains se sont étonnés de la passivité. C'est souvent ainsi, comme s'il s'agissait d'une stratégie, de « coincer » les manifestants après avoir laissé dégénérer la manifestation. Césarisme prêt à mettre Rome à feu pour la satisfaction de gagner. Mais gagner quoi ? Le doute sur la capacité des institutions à gouverner.

Quant à Julien Coupat son maintien en prison serait - selon ce même ministre - tout à fait justifié.

Le dossier d'enquête contient sept mille pages dont de nombreux commentaires de textes. La police de la pensée est en marche.Un justice au kilo, des policers payés au poids. Autant "faire un crâne" bien rempli...

Julien Coupat préfigure le sort des jeunes qui s'afficheront sans cagoule, puisqu'il ne s'est pas caché. Délit d'opinion, puisqu'un livre sert de motif à son incacération. Cette procédure viole l'article 19 de la déclaration universelle des droits de l'homme : "Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.".

Monde orwelien de surenchères sécuritaires pour satisfaire une opinion entretenue et cloitrée dans la peur. Les rues sont plus sures quand elles sont désertes.

La personnification du pouvoir favorise les caprices du prince, l'insécurité du fonctionnaire comme celle du citoyen. Ayant entendu au loin des sifflets, Nicolas Sarkozy a obtenu la révocation d'un préfet de la Manche et d'un directeur de la police après une visite présidentielle. Aucun syndicat n'y a vu matière à manifester. C'est pourtant la démocratie, l'exercice de libertés fondamentales et l'égalité de tous devant la loi qui est en jeu.

Le moteur de la fonction publique se limite au souci de plaire au chef. On accumule les statistiques et les promesses, les actions d'envergures avec les retombées médiatiques. La dynamique de la propagande, la communication politique.

Le succès repose sur la maîtrise des personnels, un disponibilité et une obéissance, une soumission. Sinon la punition, la disgrâce, comme pour le préfet de la Manche...

Ce harcèlement administratif, cette menace permanente peut expliquer qu'un procureur maintienne  en prison un homme dont rien ne justifie qu'il y soit enfermé, en dépit du droit et du simple bon sens. Souci de plaire, crainte d'être révoqué, pression d'une police bénéficiant de la confiance d'une ancien ministre devenu président, ...

Un tel comportement se résume à de la domesticité publique. Antigone n'est pas française... Le pourraît-elle ?

 

Drôle de pays quand même critiquant le dogme de l'infaillibilité papale mais ne s'émouvant pas de la faillibilité de sa justice et de l'injustice qu'elle génère. Un pays légal qui s'enflamme pour une phrase sur le préservatif au mépris de toutes les autres sur la corruption, la misère ou l'injustice – qu'il entretient - tout en admettant et cautionnant sur son propre sol des atteintes aux droits fondamentaux.

Crier haro sur un vieillard et se taire devant l'injustice est une drôle de projet de société qui mulitplie les procédures d'exception. Comme si l'histoire ne lui avait enseigné le rsique qu'il y a d'aboutir à une police et une justice d'exception. La tentation des fiches et la violation des droits fondamentaux sont inacceptables. La police elle même ne maitrise pas l'emploi de ses propres fichiers, qui ne sont pas nettoyés..

Paradoxe de l'histoire, ce pays prétend aujourd'hui se défendre contre ce qu'il a créé. La République et la Terreur ont inventé le terrorisme. Retour de l'histoire ? Vigipirate ou Vichy pirate ? La faute n'est pas seulement administrative mais essentiellement politique. L'administration ne réfléchit pas, elle "exécute". C'est son terme. Sans état d'âme. Elle le revendique.

Julien Coupat n'est pas un cas isolé

L'affaire  d' Outreau
L'affaire André Kaas (* , **)
L'affaire du juge Borrel
L'affaire Dominique Loiseau
http://www.dailymotion.com/video/x6iexy_dominique-loiseau...
http://www.dailymotion.com/video/x6if2u_dominique-loiseau...
http://www.dailymotion.com/related/x6iexy/video/x6if8h_do...
L'affaire Marc Machin
L'affaire Loïc Sécher
...

Un observatoire des violences policères illégitimes existe. L'historien Maurice Rasjfus s'interroge "Que fait la police ?". Un commission de déontologie des métiers de la sécurité a été créée. Elle n'a jamais eu les moyens de faire son travail : "Chaque année (...) la CNDS a vu une partie de ses crédits annulés. Ces restrictions des crédits de focntionnement, eurent en 2005, des conséquences sur le fonctionnement de la Commission.". Son avenir est incertain. Apparences, toujours les apparences...

Dominique Loiseau illustre la façon dont la police maintient la discipline.  Dans une telle ambiance, Julien Coupat, dès son arrestation ne pouvait être que coupable, si un chef l'avait décidé. (autre témoignage vidéo ici). Une telle situation pose la question de l'égalité de tous devant la loi. Comment s'assurer de cel dans une police contrainte, soumise à la pression et à la sanction de façon aussi arbitraire ? Comment s'étonner ensuite d'un comportement policier irespectueux quand on consatate qu'au sein même de l'institution le policer est si peu respecté par sa hierarchie ? Il ne peut que reproduire le rapport qu'il connaît et qu'il subit. La hiérarchie est responsable des violences policières par le peu de considération pour l'humain qu'elle a dans ses propres rapports avec son personnel.

Qui aurait pu s'y opposer en pensant au sort d'un Dominique Loiseau et en lisant que ce ministère soutient des hauts fonctionnaires n'hésitent pa à faire interner des nouveaux nés :

http://www.liberation.fr/societe/010120960-le-cour-d-appe...

Droit dans leurs bottes et sans état d'âme :

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2441

La fonction publique serait-elle faustienne ou un laminoir intellectuel ? L'ancien préfet de la Manche peut médier son erreur. Talleyrand, prétendant que l'intérêt des lois sur les femmes, est qu'elles ne crient pas quand on les violent.

La justice non plus n'envoie pas de signes encourageants quand le ministère de la justice ennuie ses magistrats qui ne semblent pas être les plus mauvais, comme :

Eric de Montgolfier évoquait le pharisianisme judiciaire dans son livre « le droit de déplaire » (Dominique Perben - l'auteur des lois liberticides dites Perben II - en a témoigné de l'existence de cette tendance en insistant sur la régularité formelle de la procédure d'Outreau).
Eva Joly,
Thierry Jean Pierre,
Laurent Lèguevaque,
Renaud van Ruynbecke,
Bernard Borrel (*).

Une police ou une gendarmerie qui se méfient de ses enquêteurs comme :
Antoine Gaudino,
Marc Louboutin (*)
Le gendarme Jambert ,
Les gendarmes Jodet et Calliet écartés des enquêtes mettant en cause la hiérarchie et sanctionnés.

Une justice qui condamne au mépris du bénéfice du doute.
Affaire Dils
Affaire Maréchal - Omar Raddad

Une justice qui traîne dans des dossiers
Les disparues de l'Yonne
Les disparus de Mourmelon
Les massacres de l'OTS (*)

Une justice qui n'admet pas ses fautes :
L' affaire Seznec diligentée par l'inspecteur Bonny. Un policier que le Garde des Sceaux Henry Chéron accueillera à bras ouvert pour avoir arrangé l'affaire Stavisky en déclarant « Jeune homme, vous avez sauvé la République. Vous êtes le premier flic de France. ». Bonny sera fusillé à la Libération pour collaboration.

L'affaire d'Outreau ne se limite pas à l'action d'un homme isolé, le juge Burgaud. Une cinquantaine de magistrats ont eu à connaître du dossier. L'institution ne s'en prend qu'à un seul. Un lampiste, « le technicien du droit », bouc émissaire de l'affaire et prétexte à la disparition du juge d'instruction. Avec Julien Coupat, on voit bien à quoi mènerait une justice de parquetier. Tous coupables...

Une justice qui méprise les gens :
Combien ont touché les victimes de la procédure abusive et de l'incarcération arbitraire d'Outreau, 100 000 euros ?

Une justice qui ne s'inquiète du respect de la personne humaine que par opportunisme médiatique ou nécessité, contrainte par l'actualité de s'intéresser à des phénomènes qu'elle mésestime ou méprise :
Les suicides en prison
Les meurtres en prison

Se rappeler du livre de Véronique Vasseur, médecin chef de la prison (*) de la Santé sur les conditions sanitaires lamentables des personnes incarécérées. La situation des prisons françaises est dénoncé par l'observatoire international des prisons (confer son dernier communiqué du 9 avril 2009).

La profession d'avocat elle même pèche comme en témoigne l'affaire Bernard Méry, avec la complicité d'une certaine justice.


Le comportement judiciaire et l'état des prisons témoignent de l'état de la démocratie et du respect de la personne dans un pays.

Ce qui précède donne l'impression d'archaïsme fondé sur le sacrifice, le mythe d'une justice s'abattant avec rigueur sur quelques pauvres types pour calmer le bon peuple et entretneir l'illusion et le voile de l'Ordre.

Rien ne change, n'évolue.

Et pourtant ce n'est pas faute de dénoncer une situation.

Les livres s'entassent :

Taïwan Connection
Bon appétit messieurs !
La vendetta française
Place Beauvau, la face cachée de la police
Justice,  la bombe à retardement
Est-ce dans ce monde là que nous voulons vivre ?
La mafia des tribunaux de commerce
Les intouchables
Etc.

La liste est longue. A croire qu'on édite des livres juste pour remplir des rayonnages. Pour faire joli. Les apparences, rien que les apparences.

Comment marche un pays ou un ancien ministre donne l'impression de régler ses comptes par justice interposée avec son ancien premier ministre ? L'atteinte à la séparation des pouvoirs ne semble pas poser trop de question.

Veiller à préserver les apparences, donner une bonne image. Colmater les fissures. Gérer l'imposture.

Un pays dépressif qui consomme le plus d'antidépresseur au monde.
Un taux de suicide élevé.
Deux fois plus de suicides – presque trois - que d'accidents de la route. Les pouvoirs publics ne s'en préoccupent pas. Un suicide, ne coute rien à la collectivité contrairement à un accident de la route : « D'après le Quid[8], le coût global des accidents corporels pour l'année 2005 en France s'élève à 12 milliards d'euros, tandis que le coût global de « l'insécurité routière » est évalué à 24,9 milliards d'euros. »

Mêmes les politiques s'y suicident :
Boulin
Bérégovoy
de Grossouvre

Le discours, au delà de la confusion entre l'ordre et la justice, entretient celle de la république et de la démocratie. République n'est pas synonyme de démocratie. Cette nuance explique la précision de l'article 2 de la constitution française selon lequel le principe de la république est un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Les institutions communiquent beaucoup en revendiquant bien plus leur caractère républicain que démocratique. Cela devient inquiétant quand ces mêmes institutions sont à l'origine d'atteintes aux droits fondamentaux et s'obstinent dans leurs erreurs.

La libération de Julien Coupat, au-delà de sa simple personne, apparaît clairement comme une exigence de démocratie.

La France, en maintenant en prison un homme dont rien le justifie se comporte comme un preneur d'otage. Ce n'est pas à Beyrouth, c'est à Paris. A quand un journal qui comptera les jours de captivité Julien Coupat comme cela se faisaint pour Jean-Paul Kauffmann et Michel Seurat ?

Cette détention arbitraire a des motivations politiques ou adminsitratives mais pas  juridiques. Elle couvre l'embarras d'une hiérarchie policière incapable de justifier la mobilisation d'un lourd dispositif pour un résultat médiocre, pitoyable. La carrière d'un haut fonctionnaire ne peut servir de prétexte à la privation de liberté dans un milieu violent et traumatisant d'un innocent. C'est une marque de mépris pour l'humain.

Il appartient à la police et à la justice fourvoyées dans une affaire où la mythomanie l'a emportée, une fois de plus, sur la réalité, par souci de plaire, par effet de cour, de reconnaître ses erreurs et de les corriger.

Cette mentalité qui préside à l'internement de Julien Coupat, bien plus sûrement que tous les intégrismes religieux, est le plus efficace fossoyeur de la démocratie.

Il est surprenant qu'aucune des belles consciences vilipendant les lettres de cachet de l'Ancien régime ne s'émeuve d'une situation où le progrès illuministe devrait faire voir justement sa différence, mais qu'on ne remarque pas, comme étrangement absent après deux siècles de pouvoir.

Julien Coupat n'a pas à attendre la fin de la procédure pour élever la violation des droits de l'homme devant une instance internationale.

Il peut déposer plainte à Genève devant le Conseil des Droits de l'homme

Ce faisant, il renonce à la possibilité de saisir la cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg et de réclamer un dédommagement  de son préjudice moral sur la base de l'article 41 au titre de la satisfaction équitable. Ce qui ne se fera peut être au mieux pas avant dix ans. La France est régulièrement condamnée pour violation du délai raisonnable des procédures...

Devant un telle impéritie , la conscience se sent contrainte, comme étouffer. Tout personne raisonnable ne peut que crier à l'injustice et à la honte :

L'écoute des reportages de David Dufresne sur l'affaire de Tarnac donne l'impression détestable que la rélaité a dépassé la fiction, qu'il existe un  ministère de la peur (Antonio Albanese), une police de la pensée.

 

Libérez Julien Coupat !

C'est une simple exigence de justice et de démocratie.

L'injustice naît du silence complice et témoigne de l'inaction des politiques.

 

Cette apathie, cette inertie décevante montrent l'importance d'adhérer ou de relayer le travail des organisations comme La Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, International Transparency et d'autres.

Terroriste est une mot fourre-tout. Il a servi pour condamner des résistants. L'ambivalence de ce terme s'illustre par les procès de l'épuration. Le procureur Mornet s'indigna publiquement lors du procès Pétain comment on pouvait défendre une telle personne. Maître Isorni lui aurait répondu : "C'est exactement ce que vous me demandiez quand je défendais des communistes. (ndr : durant l'occupation)"

La conscience, voilà ce qui manque. C'est ce qui caractérise les justes, au delà de leur appartenance à un parti, une mouvance, une religion, sans calcul ni souci de plaire ou de satisfaire un pouvoir ou une autorité, mais celui d'aider et de respecter l'autre, naturellement.

Nb : Mise à jour

Sept étudiants jugés pour une manifestation pro-Julien Coupat

Isabelle Mandraud

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/04/28/liberez...

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/julien-c...

Nb : Petit florilège local pour se rassurer que l'herbe n'est pas plus verte chez le voisin


http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/8...
http://www.rtlinfo.be/rtl/archive/article/199407/?&ar...
http://www.rtlinfo.be/rtl/news/article/224015/--fortis+le...
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/8...
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/7...
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/8...
http://web4.ecolo.be/spip.php?article1188
Etc.

Le blog de David Dufresne : http://www.davduf.net/Tarnac-la-police-a-fait-un-pur.html

Commentaires

Cette question des libertés publiques est (brièvement) évoquée, elle aussi, dans le bon petit livre qui a pour titre L'insurrection qui vient. Et sans chercher les effets de plume plus qu'ailleurs ses auteurs notaient qu'en ce domaine "la France est bien la lanterne rouge, de la zone occidentale".

Réponse au commentaire :

Merci pour votre attention. En effet, les rapports annuels de la cour européenne des droits de l'homme ne place pas la France parmi les bons élèves.
En ce qui concerne la corruption, International transparency ne place pas la France parmi les meilleurs non plus.
Jacques Ellul donne peut être une explication à ce comportement dans son histoire des institutions quand il traite de la révolution et du premier empire.

Écrit par : Luc Nemeth | 17/04/2009

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