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20/01/2009

Bush - Obama : Wait and see

guignols sylvestre.jpgL'un part, l'autre arrive. La différence entre un républicain et un démocrate se réduit à rien du tout quand on se rappelle qu'ils sont - avant tout et tous les deux - américains. Des élus d'un parti n'hésitent pas à rejoindre l'autre. Des éléments de la campagne de Barck Obama conduisent à rester prudent. Wait and see.


L'enthousiame européen sur l'arrivée d'un démocrate à la tête des USA doit être relativisé. L'électorat populaire n'a pas les moyens de financer une élection à hauteur de la fortune amassée par Monsieur Obama (5 milliards de dollars selon Le Point). Devoir rassembler sur son nom plusieurs centaines  de millions de dollars laissse facilement deviner le peu de latitude restant à un candidat pour faire du social une fois élu. Cette pratique montre qu'à l'évidence la politique est devenue un investissement, et qu'il se doit, en tant que tel, d'être rentable pour trouver des investisseurs qui attendent un retour sur leur "placement".

Barack Obama Capitol.jpgBarack Obama reste un Etats-unien. Même s'il a fait le progrès notable de remarquer que les USA ne sont pas (ou plus) seuls au monde (ce que tous les Etats-uniens sont loin d'avoir intégré), ou n'ont plus les moyens (pour l'instant) de se le permettre, il s'occupera à défendre les intérêts de son pays qui passent, compte tenu du niveau et mode de vie (1), par le maintien de la suprématie militaire (nécessairement s'il compte être réélu). Le conglomérat militaro-industriel a encore de beaux jours devant lui.

La politique américaine, comme celle promue par NS en France et par tous les libéraux d'Europe, est du commerce, dans lequel l'armée fait office de prospecteur pour assurer l'accès au gaspillage des ressources et le saccage de l'environnement nécessaire à satisfaire l'électorat et "son temps de cerveau disponible" (2).

Sarkozy_Dassault_Bouygues_Lagardere.jpg

Le nouvel occupant de la Maison Blanche reproduit des défauts de son prédécesseur. L'engagement de Barack Obama à reprendre les recherches sur les cellules souches est inutile au regard de la science (3). Cette promesse témoigne du même souci qu'avait Georges Bush à satisfaire les lobbys ; ceux de la pharmacie semblent avoir remplacé ceux de l'armement et du pétrole. Cela démontre la persistance des tendances lourdes de la politique américaine. Business first.

Anatomie du fascisme.jpgL'ère Bush aura montré l'érosion extrême du sens critique et de la capacité d'indignation des financiers. Robert O. Paxton en fait une cause de l'avènement des fascismes dns son dernier livre : " J'amène le lecteur à travers les étapes du parcours fasciste : la création des mouvements, leur enracinement à l'intérieur d'un système politique, leur arriée au pouvoir (...) Chaque étape doit être comprise (...) : recrutement de militants, compromis avec des élites, imbrication dans la société civile." "Le radicalisme (...) est mis en sourdine au moment du compromis avec les élites : ce compromis est nécessaire pour obtenir le pouvoir." (ex. rôle de la finance et de l'élite). "Le fascisme existe en tant que phénomène général : l'abandon de la liberté en faveur des méthodes dictatoirales afin d'unifier, de purifier et d'agrandir la nation, le tout avec l'accord enthousiaste des citoyens". Ron Jones a montré la facilité des esprits à s'y abandonner (La troisième vague). Stanley Millgram a montré que le niveau d'éducation n'est pas une garantie du sens critique. Il n'y a pas d'élite démocratique. " Il faut aussi désintégrer. C'est ça la vie. C'est ça la philosophie. C'est ça la science. C'est ça le progrès, la civilisation ". (Le professeur in La Leçon d'Eugène Ionesco)

medium_misere.jpgBarack Obama devra donc se distinguer de son prédécesseur par des actes et pas seulement par le discours, aboutissant souvent à l'escamotage de la principale cause de violence, la misère dans le monde (celle de ne pas avoir de quoi se nourrir, s'habiller et se loger comme la connaissent plusieurs milliards d'hommes de femmes et d'enfants). Les déclarations d'intention des pays industrialisés prétendant s'en préoccuper se limitent à une posture ou de la rhétorique. Cela restera ainsi puisque la situation des exclus du tiers monde n'interfère pas dans les élections des pays industrialisés. Ils ne votent déjà pas forcément quand ils y travaillent et participent à leur richesse... L'incidence démocratique de  l'immigration clandestine explique peut-être la raison du déni politique dont elle fait l'objet. Il suffira de longer la frontière mexicaine pour voir si Monsieur Obama se différencie beaucoup de ses prédécesseurs.


il est plus facile pour un chameau.jpgL'ère Bush aura été le règne de l'argent et sa tragédie. Reste à voir ce que Barack Obama fera, sachant que le dollar est la monnaie des USA mais aussi leur culture. La monnaie est un outil, pas une fin en soi. Sans stigmatiser l'argent, ni ceux qui en possèdent, il paraît utile de rappeler l'incompatibilité à vouloir associer capitalisme et christianisme. " Je vous le dis, il est plus aisé pour un chameau d'entrer par le trou d'une aiguille, que pour un riche d'entrer dans le royaume de Dieu." (Mt 19, 24, Mc 10, 25, Lc 18, 25 ). Cette incompatibilité est d'autant plus avérée lorsque l'activité humaine ne vise plus qu'à faire de la plus-value.

Le président sortant a fait la démonstration de cette incompatibilité. Une posture de "pharisien" ( Lc 18, 10 ). Georges Bush - comme son père - ont été surtout des industriels du pétrole (*). Reste aux catholiques de l'expliquer. La nouvelle théologie politique de Denis Sureau offre matière à réflexion à ceux pour qui cela ne paraît pas évident. En s'inspirant de l'Evangile et de la doctrine sociale de l'Eglise (4), les chrétiens pourraient promouvoir la responsabilité sociale du capitalisme, en commençant par celui de l'actionnaire et même de l'épargnant. Une telle conception aurait sûrement évité bien des âneries comme chez Lehman Brothers ou Fortis.

Une qualité de Barack Obama est peut être de ne pas trop mettre Dieu dans ses discours.  IL en semble même asez éloigné. Mais on en est jamais très loin aux USA, puisqu'Il est sur les billets. Ce qui peut expliquer la confusion de certains chrétiens  avec Mammon. L'ère des incantations politique semble en tous les cas finie. Dieu est rendu au peuple. Et ça, c'est déjà un sacré progrès.

dollar.jpg

Good luck, Mr Obama. God bless the World.

(1) Il faudrait six fois les ressources naturelles de la Terre si on souhaitait que toute la population mondiale vive avec le même niveau de vie que les Etats Unis. Trois fois seulement pour le niveaud e vie européen.

(2) Patrice Lelay, président de TF1, que son métier était de mettre à disposition des annonceurs publicitaires un maximum de "cerveau disponble" des téléspectateurs, d'où l'indigence des programmes pour ne pas les fatiguer avant les pubs. source : http://www.acrimed.org/article1688.html

(3) Lire la note du 21 août dernier à ce sujet http://sartorius.blogs.lalibre.be/archive/2008/08/21/sort...

(4) Lire la note du 3 septembre 2008 http://sartorius.blogs.lalibre.be/archive/2008/09/03/doct...

Commentaires

"La différence entre un républicain et un démocrate se réduit à rien du tout quand on se rappelle qu'ils sont - avant tout et tous les deux - américains." ???
Après une phrase aussi catégorique, il n'y a plus rien à lire ni à dire...

Réponse au commentaire :

Merci pour votre commentaire, en espérant que vous avez quand même lu le reste.

Un article du Monde rapporte une analyse semblable à celle de l'Etre Persienne :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/01/31/apres-sa-version-barbare-voici-l-empire-americain-a-visage-humain-par-slavoj-zizek-philosophe-slovene-professeur-a-l-universite-de-ljubljana_1149055_0.html

Écrit par : Tania | 22/01/2009

Obama mènera le combat du pouvoir pour les Etats-Unis d'Amérique. Bien sûr il apportera un iota de changement mais il décevra immanquablement ses électeurs afro-américains laissés pour compte de l'eldorado américain ainsi que l'Europe et l'Afrique. Il appartient à la classe moyenne noire américaine et les riches le soutiennent. Obama est pour dominer le monde par la diplomatie, pour renforcer l'OTAN, pour s'assurer l'armée la plus puissante. Si Obama promet de quitter l'Irak, c'est pour mieux occuper l'Afghanistan et pour porter la guerre contre le terrorisme au Pakistan. Sur le plan interne Obama ne se pose pas de question sur les fondements du système économique américain, il soutient le plan Bush pour sauver les banques. Obama ne s'oppose pas à une réduction d'impôts pour les entreprises et sociétés mais espère que cette réduction puisse toucher la plus grande partie des travailleurs américains d'où diminution générale de la solidarité à partager en faveur des plus pauvres. La crise économique et financière réduira les recettes des caisses de l'Etat et Obama sera bien obligé de couper dans les dépenses sociales. Il reste qu'Obama est le premier candidat afro-américain élu à la présidence et son élection réussie est une victoire historique pour le mouvement antiraciste

Réponse au commentaire :

Merci pour votre attention.
C'est effectivement une étape importante de la démocratie américaine d'avoir élu un président noir. Mais il ne faut pas en faire l'essentiel.

Écrit par : anneet | 09/02/2009

Les commentaires sont fermés.