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17/12/2008

Madoff

madoff_bernard.jpgMonsieur Bernard Madoff - Bernie pour les intimes - est la dernière péripétie de la crise économique. Patrice de Plunkett donne un résumé de la situation sur son site qui inspire quelques commentaires. Il faudrait cesser de prendre l'opinion pour une imbécile. Billet d'humeur.


La lecture de la note de Patrice de Plunkett sera utile pour la compréhension de la suite.

Dominique Strauss Kahn s'inquiétant de savoir ce que fait la police a quelque chose d'amusant. Les faillites retentissantes ne sont pas le privilège des USA. L'Europe en a connu quelques unes de bien salées, dont une particulièrement, où le représentant du trésor public français au conseil d'administration de la banque nationalisée à l'origine du plus gros scandale financier du pays n'était autre que l'actuel président de la BCE. Certains salariés licenciés pour faute peuvent s'interroger.

george_clooney.jpgRappeler des vérités comme le fait Jean-Pierre Jouyet est très bien. L'Europe devrait cependant montrer l'exemple en se posant des exigences dont elle se contente - pour l'instant - de déplorer l'absence chez les autres ; avoir le courage d'initier un cercle vertueux financier ; arrêter de laisser croire que ce n'est que de la faute d'un seul, même s'il en est grandement responsable. Les décideurs ont été complices, ils étaient au courant. Ils en ont profité, animé par une même cupidité, jusqu'à l'épargnant éternellement insastisfait. L'emballement a évacué jusqu'au simple bon sens dont Georges Clooney rappelle pourtant l'évidence dans une entrevue au Monde :  « Combien de fois faut-il toucher 20 millions de dollars pour être heureux ? »

Michael Clayton.jpg

Chirac.jpgLa crise montre aussi le rôle désastreux des business schooll, écoles de commerce, et autres institutions renommées. Elles ont formé l'artistocratie financière défaillante. Elles doivent s'interroger sur la perfectibilité de leur modèles et de leurs outils de décisions, basés beaucoup trop sur les mathématiques et pas assez sur le concret. Leur responsabilité vient d'avoir enseigné, promu, et être parvenu à convaincre l'industrie financière qu'on pouvait modéliser sur du vide. Le vide équivaudrait au PNB de la planète. "Pour fixer les idées, le commerce mondial global représente chaque année 8 000 milliards de dollars, et le PNB de la planète, la richesse qu'elle engendre chaque année, s'élève à près de 40 000 milliards de dollars." Discours Chirac et Loula 2004. D'autres données sont plus pessimistes. La bêtise s'apprendrait dans les grandes écoles. C'est cher et elle n'est pas un obstacle pour travailler dans la finance. Des humanités dans le cursus des études économiques et politiques pourraient équilibrer les certitudes qui y sont enseignés.

La finance n'est pas seule en cause. Le politique a également fait preuve de négligence.

Le plus escroc des deux.jpgLes Etats ont assisté au développement des conditions de la crise, comme des banques dans une opération de cavalerie. Chacun s'est observé en essayant d'anticiper le retrait des autres, pour perdre le moins possible. Mais personne n'a pensé à dénoncer l'escroc ou la supercherie. Leur silence a couvert cette situation à laquelle ils prétendent aujourd'hui vouloir remédier, après en avoir fait des éloges pour certains... Les sciences politiques se seraient transformées en un enseignement de bavards pendant que, manque de chance, son public devenait sourd.

Une logique d'escroc prévaut à la crise. Elle montre que des gens respectables sont infréquentables. La nature est bien faite, ils en sont fiers. L'utilité des décorations est de donner du mérite aux gens incapables d'en avoir par eux-mêmes. Cela permet de les reconnaître.

dumb-and-dumber.jpgLa prétention a égaré des bataillons d'incompétents ruineux. Un ego surdimmensionné anihile l'intelligence et une décision de justice n'est pas nécessaire pour le savoir. Le sort des véritables petits épargnants de Fortis restera cependant ignoré du vacarme orchestré par les grosses fortunes, dont la responsabilité est proportionnelle aux sommes investies. La justice est une affaire d'argent avant d'être une question de droit. L'aisance financière seule permet d'aller au terme des procédures et de l'emporter.

La véritable question du scandale Fortis n'a toutefois jamais été évoquée : celle de savoir qui a pu laisser vendre  des actions comme un produit de placement sur, d'épargne sans risque. Cette faute est incompréhensible eu regard de l'obligation d'information qui pèse sur le banquier et du contrôle qu'exerce l'Etat sur les marchés financiers à commencer par l'appel au financement public. La défaillance est inexcusable. Les personnes modestes ne se consoleront pas de savoir qu'il y a des pauvres types même chez les gens aisés. Ce paradoxe - mésestimé - montre l'importance pour la presse à s'interroger sur le sens de la responsabilité des gens qui aspirent à en prendre (des responsabilités).

Good night good luck.jpgPersonne, enfin, ne s'émeut de la succession incroyablement délirante de catastrophes. L'actualité politique et économique délirante est accueillie avec une certaine mansuétude. La succession de négligences toutes plus grosses les unes que les autres constitue pourtant une insulte à l'intelligence. L'aphasie  de l'opinion est extraordinaire, comme si le péhnomène d'accumulation avait fini d'anesthésier son esprit critique, émoussé par le laminoir intellectuel d'une communication racoleuse.

shoe at bush bagdad.jpgIl devient nécessaire de protester contre cette forme de mépris. Le vol de deux chaussures à Bagdad témoigne de l'exaspération au mensonge. Un monde moderne et l'opinion mondiale méritent mieux que d'avoir des dirigeants politiques quittant la scène comme de mauvais saltimbanques, ou d'autres se comportant comme des béotiens, incapables de juguler leur vulgarité.

L'hypocrisie a assez duré. La crise actuelle est une crise du savoir-vivre. Elle n'est pas seulement économique ou financière ou politique. Elle est le résultat d'une nullité intellectuelle qui ne se lasse pas et ne s'inquiète pas de favoriser les extêmismes. L'inertie de cette médiocrité et ses effets - déjà bien connus - rendent l'avènement d'un progrès intellectuel nécessaire, pour équilibrer un développement exclusivement "technique" menant dans l'impasse de la singularité. C'est une ambition qu'il appartiend théoriquement aux pouvoirs publics de remplir. Leur impéritie dans ce domaine est identique à celle à l'origine de la crise. Cette incapacité à prendre en compte l'aspiration morale naturelle des foules est la prinicpale explication de la montée des intégrismes religieux. Ils pallient un vide d'une société laïque dédaigneuse d'un domaine que le positivisme ou la science n'ont pas modélisé.

nb : La théologie politique apparaît opportunément comme un vecteur d'espérance et de raison. Elle offre une base de réflexion aux conséquences d'autant d'aveuglement et d'ineptie, d'un monde abandonné aux sirènes du libéralisme et du matérialisme (de quelque bord que ce dernier se situerait). Contrairement au fatalisme ambiant, l'humanité ne se divise pas en trois catégories imperméables de personnes : les ignorants soumis qui subissent, les brutes qui dirigent et les intellectuels réduits au domaine du rêve ou de l'abstraction.

Commentaires

Nous sommes en train de vivre la mise en place du Nouvel Ordre Mondial, concrètement depuis le mensonge du 11 septembre 2001, entre les OGM, les bébés sélectionnés en fonction de leur ADN, la crise économique/alimentaire/énergétique organisée et les guerres, à travers toute la dépravation qui mine ce monde, les paroles de Matthieu 24 nous rappellent que nous ne sommes que dans les douleurs de l'enfantement, et que des détresses inimaginables sont encore à venir. Je ne vois pas ce qui pourrait arrêter le processus.

Réponse au commentaire :

Merci Anne pour votre attention.

Le bon sens et la lassitude peuvent infléchir la dynamique du processus. Un problème est résolu à moitié quand on en prend conscience. Il est donc possible de continuer à espérer. Les yeux s'ouvrent, même si ce n'est que faiblement.

Écrit par : Anne | 27/12/2008

Annie, au contraire, ce sont les paroles de Jésus qui sont pleines d'espoir: ce qu'Il a dit se réalisera car Il ne ment pas, et ce qui s'annonce sont les prémisses de Sa venue, que nous attendons avec impatience.

Réponse au commentaire :

Amen Anne.

Bonne Année 2009.

Écrit par : Anne | 03/01/2009

Les commentaires sont fermés.