Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

14/10/2008

Charité bien ordonnée

Moine-des-Cites.jpgL'Europe en crise vient de trouver 1700 milliards d'euros pour venir au secour des banques qui ont jeté la planète dans l'ornière. Cette somme s'ajoute aux 700 milliards de dollars du plan Paulson.

Ces chiffres sont à replacer dans leur contexte et en rapport avec des réalités beaucoup moins généreuses, ou beaucoup plus douloureuses.

 


Ces 1.700 millards d'euros sont un progrès politique significatif de l'Europen mais une telle somme n'a plaus de sens telle quelle. Sauf à la comparer à des besoins jamais ou peu satisfaits.

Des bonnes volontés tentent d'alléger quelques conséquences misérables de l'économie. Elles s'interrogeront peut-ête en pensant aux visages fermés, aux portes closes qui les accueillent majoritairement, quand la caméra de télé n'est pas là pour émouvoir, et l'unanimité de ces mêmes personnes à se féliciter de cette corne d'abondance inespérée.

oms.jpgIl suffirait 8 milliards par an pour soigner le SIDA ou 20 milliards pour soigner les pandémies (malaria, fièvre ébola, lèpre, ...) dans le monde.

Ces causes comme de très nombreuses autres (éducation, environnement, alimentation, justice, irrigation, transport, etc...) ne trouvent jamais, n'ont jamais trouvé les fonds nécessaires et suffisants. Ni la volonté politique...

Par ce qu'il n'est pas seulement question d'argent. La difficulté à mobiliser sur des questions comme la défense des droits ou celle du respect de la personne, où l'investissement demandé n'est pas financier, montre que le problème est l'indifférence.

C'est tout le fond du débat à propos de Fortis où la cause des actionnaires a été bien plus commentée que celles des salariés ou des épargnants.

Les commentaires de la crise s'appliquent bien plus souvent aux variations des indices bousiers qu'au risque de paupérisation pouvant frapper les plus faibles.

C'est un point que les candidats à l'élection américaine commencent seulement à prendre en considération dans leur campagne.

erlkoenig.jpgLe président des USA est un roi nu, à l'image du conte d'Andersen "les habits neufs de l'empereur".

La dette des USA s'élève à 12.000 milliards (1) de dollars et les ménages américains sont en moyenne endettés à plus de 120%. Ils dépensent - et s'endettent - chaque année 700 milliards de plus qu'ils ne produisent.

Cette situation n'est pas réductible aux Etats-Unis.

"Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ?"

40.000 milliards (2) d'investissements douteux circuleraient en ce moment. Le PIB de la planète est de 60.000 millards de dollars.

La banque suisse UBS gère 30% de la fortune privée du monde mais le seuil de pauvreté fixé par la Banque Mondiale est un revenu inférieur à 2 dollars par jour.

Le contraste des chiffres mérite d'être réfléchi.

La crise, la baisse de la croissance, le chômage, la spéculation sur les matères premières ou agricoles frappent tojours les mêmes : les autres, les invisibles, les anonymes. Les accidents n'arrivent pas qu'aux autres comme le rappellent les six principes de Jean Cassien. Et de crier alors seulement à l'injustice.

La pauvreté n'est pas un titre de noblesse (3), même pas un titre de bourse.

Le parcous d'Henry Quinson montre que richesse et aisance ne sont pas synonymes.

La pauvreté et la misère se soignent enfin par la considération.

L'absence de ressource montre que - à l'exception de quelques cas dont la société tire un moyen pour s'exonerer du problème - il n'y a pas d'argent parce qu'il n'y a aucune considération pour la souffrance. Kofi Anan, secrétaire général de l'ONU, l'a déploré. Cela lui a valu de paraître antipathique et d'être remplacé.

papillon.jpgA la différence de Michel Koenen se risquant dans une plaidoierie audacieuse du libéralisme, le capitalisme, s'il n'est pas forcément mort, est bien atteint sur le fond. Il doit aujourd'hui se métamorphoser, changer sa mentalité, utilitariste et cynique. L'adapter à l'opinion. Un comportement moutonnier est un silence d'agneaux.

Cette crise est la chrysalide du capitalisme. Aux décideurs de savoir s'ils ont l'ambition d'un éphémère ou celle d'améliorer un système dans la durée, en cessant de jouer avec l'effet papillon.

 

(1) Ce chiffre a été cité dans les médias.

(2) Ce site est le seul à apporter une information sur le sujet. Le livre noir du communisme dénonce le communisme comme ayant été responsable de 120 millions de morts.

(3) Sauf exception : épître de saint Jacques chapitre 2-5 - Cf. étude christianisme & pauvreté

Les commentaires sont fermés.