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09/10/2008

Lehman Brothers

e72fb60418f24c392af7889c449fcbf9.jpgLe ministre des finances français prétend que les USA ont commis une erreur à ne pas sauver Lehman Brothers.  Il est possible de considérer, au contraire, que cela a été une bonne chose, sau regard  de ses conséquences et des mesures qu'elle a imposées.


Sauver Lehman Brothers aurait conforté le sentiment d'impunité du milieu financier. Ce précédent avertit les banques. Elles n'ont aucune garantie de mansuétude.

6d79179eba8eb11a28ae4fb57367e3b5.jpgCela est bon pour la démocratie. Etant le maillon essenteil de l'économie, les banques tiennent en otage le politique et les investisseurs. La disparition de Lehman Brothers est une sanction  juste. Elle vient du marché qu'elle devait connaître puisqu'elles en avait fait son métier.

L'enquête sur la faillite de Lehman Brothers et les sanctions prises éventuellement démontreront la rigueur et la volonté du politique à mettre un terme aux abus dénoncés.

54079c1fb86815e336760b43b630774d.jpg"Trois dirigeants (de Lehman Brothers) se sont en effet octroyé un total de plus de 23 millions de dollars au moment de quitter la banque, trois jours avant la faillite du 15 septembre, selon des courriers électroniques rendus publics lors des auditions." (Les Echos). Dick Fuld, le pdg de la banque, a touché 500 millions de dollars depuis 2000, en prenant le souci d'expliquer que ces revenus "étaient indexés sur la performance".LoL

Préserver Lehman Brothers aurait donc empêché de connaître l'ampleur la crise et d'en identifier la cause.

Cette crise n'est ni structurelle, ni conjoncturelle mais technique dans la mise en oeuvre de l'outil financier. L'outil n'est pas mauvais en soi. Sont en cause, Ont été défaillants ceux qui le manipulaient. Cette crise est nécessaire pour rappeler la prééminence du politique sur l'économique, de l'humain sur le technique.

9e74dbd508c56b15e6b75b9e8e1cb098.jpgCela aurait dispensé le politique à réagir. Ses annonces restent cependant à vérifier dans les faits. Le symtôme de la crise actuelle se répétant depuis plusieurs siècles. Il n'y aurait plus lieu d'être surpris en apprenant que le monde bancaire et financier faisaient n'importe quoi, mais plutôt de s'inquiéter de savoir pourquoi le politique ne fait jamais rien d'efficace pour que cela ne se reproduise plus.

La crise rappelle également aux cadres leurs responsabilités.

84e6e397a3d2399a02b9205352683894.jpgDick Fuld et les grands patrons (1) de la crise obligent les cadres - beaux costumes et belles voitures - à relever le regard accusateur des chômeurs, des salariés mal payés, des retraités dans la peine, des pauvres du monde entier. Ils doivent témoigner savoir vraiment faire quelque chose pour ce qu'ils gagnent. Ils l'igorent sans doute, la Banque Mondiale fixe le seuil de pauvreté à un revenu inférieur à 2 dollars par jour.

L'heure est au progrès intellectuel (et non plus seulement technique). C'est le défi  que l'histoire attend de voir relevé.

7d44abdd47ee9fde2ba59d4f527c18a9.jpgLa disparition de Lehman Brother est donc une bonne chose.

Elle est un point de départ, sans laquelle tout continuerait comme si de rien n'était. Elle offre - une nouvelle fois (2) - l'opportunité d'une réflexion et d'une réorganisation des outils financiers et comptables. Le succès d'une telle opération passe par une prise de conscience de ceux qui en ont la charge. Décider de la responsabilité personnelle des dirigeants bancaires sur leurs biens propres pourrait être une solution à la négligence.

b2c520c7c9b040dcff15068bf6830e35.jpgLes actionnaires de Fortis se souviennent de la réponse de Jean Paul Votron à propos de son salaire : « il n’y a pas beaucoup de gens qui savent faire le boulot que je fais » (Les Echos). La crise permet aujourd'hui de savoir qu'il existe une sévère concurrence.

(1) Entre 2003 et 2007 cinq patrons de banques américaines ont touchés 3 milliards de dollars de rémunération (3.000.000.000$). Un blog propose une suite d'articles sur le sujet.

(2) Ce n'est pas la première crise qui démontre la faiblesse de l'organisation financière. La crise des nouvelles technologies en 2000 a témoigné de la légèreté des financiers dans leur engouement des "start-up". La pratique de la falisification des comptes comme l'affaire ENRON est, elle, intemporelle. ENRON a causé la disparition d'Arthur Andersen, un des plus gros cabinets d'avocats et d'expert comptables au monde. ENRON a mis à jour la dérive de la logique de l'expertise. Celle-ci est d'autant plus chère qu'on fait appel à un cabinet puissant, et plus on est disposé à payer cher, plus on est assuré de lire des choses plaisantes. "Derrière chaque menteur, il y a un voleur". in Ray de Taylor Hackford.

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