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08/10/2008

Shériff, fais moi peur

09aa08b04f5d6402c74b404c06971824.jpgTout le monde s'inquiète et donne l'ordre de vendre. Les banques centralisent les ordres qui arrivent en masse (pas de petits profits) amplifiant un mouvement de panique. Pendant ce temps, les administrateurs d'AIG ont passé un séjour dans un palace californien pour 225.000$ (444.000$) - en note de frais - une semaine après le rachat de leur compagnie. Le comportement critiquable des banques demeure. Le politique doit se réaffirmer.


Les Etats agissent. Les institutions financières ne produisent cependant pas un effort identique.
 
Elles paraissent - au contraire - de tenter, en participant à la baisse des marchés, d'amortir ou récupérer leurs pertes  - engendrées par leurs investissements à risques, qui sont à l'origine de la crise. "Les véhicules de titrisation" les plus complexes (1)  sont proposés aux investisseurs avec des rapports alléchants.
 
Les krachs permettent aux banques de se désendetter  sur le dos des fonds d'investissement (et satisfaire leur actionnariat) et sont encouragées à le faire tant que les Etats leur promettent paradoxalement de les soutenir, en apportant sur le marché une quantité importante de liquidités susceptible de dévaloriser la monnaie elle-même et menacer jusqu'aux placements les plus solides.
 
Un rendement - même garanti - de l'épargne ne signifie rien si la valeur de la monnaie baisse. C'est un risque des "injections" répétées de milliards d'euros, de dollars, ou de yens. La baisse du dollar par rapport à l'euro s'est produite parallèlement aux interventions d'Allan Greespan dans l'économie américaine. L'afflux continue de monnaie nouvelle a également favorisé la multiplication des placements et la crise des subprimes.
 
La chute des actions entraîne l'augmentation des obligations, dont les emprunts d'Etat, augmentant le coût des prochaines souscriptions pour financer la dette publique, donc le poids de son remboursement et par conséquence la charge fiscale que devra supporter le contribuable et le consommateur.
 
Le cercle vicieux entretenu par les banques peut conduire les investisseurs à se retirer des sociétés côtées dans les monnaies, menacées par anticipation d'une baisse des devises et du change.
 
Les fonds souverains - souvent vantés comme des sauveurs - peuvent aujourd'hui avoir intérêt à sortir d'une économie qui s'effondre pour se replacer sur les marchés émergents, comme la Chine et l'Inde, même si les exportations de ces derniers vont souffrir de la récession et menacer leur croissance et leurs emplois. A moins qu'un pôle économique Chine-Inde en profite pour s'émanciper définitivement de l'économie occidentale, ce dont ces pays ont les moyens techniques et financiers.
 
Un tel déport du centre de gravité de l'économie mondiale entraînerait l'obsolescence des organisations internationales actuelles nées de la seconde guerre mondiale (FMI,Banque Mondiale), et, par ricochet, leur inutilité. Un contrepoids est susceptible d'amortir les  effets de cette métamorphose des équilibres économiques, du dépalcement de leur centre de gravité. Il s'agit du rapprochement de l'Union européenne et la Russie. Un tel rapprochement rassurerait l'opinion et calmerait les marchés qui souffrent de la volatilité de fonds cherchant la sécurité.
 
Les banques, en s'abstenant de se discipliner, mettent donc l'économie à plat et menacent les valeurs les plus solides.
 
C'est au politique d'ordonner, réguler et rappeler les banques à leurs responsabilités. Ce qu'il commence à faire. Une action au niveau national n'a pas d'effet suffisant. Le premier ministre britannique Gordon Brown en appelle d'ailleurs à une politique concertée au niveau européen.
 
L'actualité boursière éclipse les répercussions tragiques qu'elle va entraîner sur les populations des pays en voie de développement.
 
C'est également un défi posé au politique qui doit dès maintenant y penser et anticiper.
 
La globalisation a montré ses effets néfastes sur le marché des produits alimentaires, montrant la nocivité des principes dirigeant l'action de l'OMC, du FMI et de la Banque Mondiale.
 
Le marché des produits alimentaires risque de se tendre à nouveau. Il sera plus dur, parce qu'à la raréfaction des produits face à la demande - devenue spéculative - s'ajoutera la baisse des revenus des pays émergents en conséquence du retrait des capitaux occidentaux. Faisant que la crise financière deviendra une crise économique.
 
La régulation anticipée des marchés permettra de sauver des vies et des économies très fragiles. S'abstenir provoquera des flux migratoires et des tensions.
 
Le côté positif de cette crise est de rappeler l'importance du rôle politique et démontrer la dangerosité du laisser-faire. La crise donne l'opportunité au politique à se remobiliser et se réapproprier ses responsabilités.
 
(1) Le texte d'une publicité sur le net - une publicité n'est ni la vérité ni un contrat :

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