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07/10/2008

La Belgique banque

51c6b73553d1b251261f5e76d99f0cc8.jpgFortis devenant française est avant tout un revers pour le contribuable, n'en déplaise à Arianne Van Caloen qui s'interroge dans l'édito d'aujourd'hui. Il ne semble pas que le problème se résume à une question de nationalité. 


La logique capitaliste fait que les actionnaires supportent les conséquences de leurs décisions. Les actionnaires ont choisi et élu les instances dirigeantes de la banque. Les actionnaires de Fortis sont aussi responsables de l'échec. L'intervention de l'Etat a été dicté par l'intérêt général, ce devrait être son seul motif.

L'intervention de l'Etat ne peut donc pas favoriser les actionnaires ou les dédommager dans le rachat des parts. Ce serait la porte ouverte et un encouragement à toutes sortes d'abus. Comme celui de croire que l'actionnaire perçoit les dividendes quant tout va bien et mutualise ses pertes sur le dos du contribuable quand cela ne va plus.

L'Etat a agi pour sauver une institution, des emplois et rassurer les épargnants que l'actionnariat a trompé par un comportement inadapté.

Rappeler le rôle social de l'actionnaire.

L'actionnaire Fortis avait les moyens d'être bien conseillé au regard des conditions de rémunération des dirigeants qu'il a acceptées. Sa rapacité l'a conduit à se fourvoyer, faire preuve de légèreté, de négligence ou d'incompétence. Ses choix sont incompatibles avec sa responsabilité sociale, indissociable des choix - et de ses conséquences - qu'il fait en assemblée générale. Les petits actionnaires doivent avant tout se retourner contre les gros actionnaires qui ont pris les décisions.

Un attermoiement incompréhensible.

La réapparition subite et opportune de BNP-Paribas en une nuit est surprenant - après avoir appris le rejet quelques jours plut tôt de ses propositions de rachat de Fortis. Il ne serait pas surprenant qu'elle ait été rappelée comme Air France-KLM pour Alitalia . Les attermoiements se payent. ING aussi était sur les rangs et moins généreux.

Le refus initial belge aux propositions de rachat de Fortis par BNP s'est retourné contre les actionnaires en permettant à la banque française de profiter encore de la baisse du cours de l'action Fortis, entâmée depuis plus d'un an (*). Ce que n'ignorent ni le marché ni les actionnaires principaux de Fortis qui ont eu l'opportunité de revendre leurs parts pour racheter du BNP-Paribas. Le contribuable n'a pas cette opportunité.

Les chiffres :

La reprise de Fortis par BNP semble s'effectuerpar un échange d'actions. L'opération coûte 8,25 milliards d'euros à l'Etat Belge qui devient le premier actionnaire de BNP avec 11% de participation tout en gardant 25% des parts de Fortis.

Le rachat de Fortis coûte 14,5 milliards d'euros à BNP Paribas qu'elle finance en partie par une augmentation de capital (donc dilution de la valeur du titre et de sa rentabilité).

BNP Paribas devient l'une des plus grosses banques de dépôts d'Europe avec 600 milliards d'euros de dépôts.  Par comparaison, UBS gère 30% de la fortune mondiale mais a perdu quelques milliards dans la crise des subprimes.

16:30 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Belgique, économie, Europe

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