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20/07/2008

Liberté de la presse, média et collusion politique

55f5d88956cd01dc05819a07ee16bbd9.jpgLe Monde Diplomatique de juillet propose une réflexion sur la "Puissance publique pour médias privés : TF1 ou la parbole de Frankenstein". Une idée très simple permettrait de résoudre la confusion politico-médiatique.


La liberté de la presse et son corollaire la liberté d'expression sont des libertés publiques contribuant directement à la qualité du débat public. Un pays où les médias sont aux mains d'un groupe réduit de financier proche du pouvoir ne peut pas plus prétendre au respect de la liberté de la presse qu'une dictature. Dans chacun des cas, la presse est au service d'un groupe d'intérêt.

L'article du Monde Diplomatique souligne la tendance à faire diparaître le service public audiovisuel qui s'affirme dans les grandes puissances européennes. La BBC est menacée en Grande Bretagne, France télévision en France et la RAI en Italie.

La disparition de l'audiovisuel public ne poserait pas un problème aussi important si la confusion du pouvoir politique et du pouvoir financier n'était pas parvenu à un stade aussi affirmé.

Monsieur Berlusconi, en Italie, dirige le plus grand groupe de média et travaille à la disparition de la télévision publique, Monsieur Sarkozy en France est l'ami du patron de la plus grosse chaîne de télé française qui profitera de la suppression de la publicité sur les chânes publiques.  Tout cela abouti à la mise sous tutelle de la presse dont on relève de plus en plus fréquemment des cas de soumission. Le licenciement d'un dessinateur, Siné, d'un hebdomaidaire satirique, Charlie hebdo, ayant évoqué la vie privée du fils du président français en est le point d'orgue (commentaires de Marianne).

La question posée par la proximité des décideurs industriels et des décideurs politiques oblige à réagir. Les médias ne sont pas une activité commerciale quelconque puisqu'ils interviennent directement dans le débat public, et en garantissent la qualité. C'est de cette qualité dont il s'agit de s'inquiéter. Laquelle est menacée quand les décideurs politiques sont amis ou directement actionnaires des médias.

Il suffirait de décréter une incompatibilité entre le financement des médias et le financement politique pour préserver la liberté de la presse. Toute société ou groupe de sociétés dont un actionnaire contribue au financement d'un parti politique n'aurait pas le droit d'avoir une participation dans le capital d'un organe de presse ou d'un groupe multimédia (télé, radio, internet, ...), aussi minime soit-elle. Et inversement.

Quand l'argent prend le pas sur la réflexion, c'est l'esprit critique qui disparaît. Ce n'est plus un débat d'idées, mais une dispute de radins. La démocratie ne peut pas se résumer à une question d'argen ; même si des esprits étriqués incapables de s'extirper de leurs profits veulent le faire croire à ceux qui n'ont pas les moyens de se payer un portefeuille.

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