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24/06/2008

Un thon trop haut.

4b467b90eda8e855adee00c80069c264.jpgLa Commission décide de préserver le thon rouge. Des voix s'élèvent...

Mais de quelle pêche parle-t-on ? 

De la pêche au thon industrielle se pratiquant avec des usines flottantes ? Au point que la pêche industrielle qui menace le thon, menace par ailleurs toutes sortes d'animaux marins à commencer par le dauphin. 


La question des quotas de pêche ne peut pas être abordée de façon globale.

Il y a d'une part les artisans pêcheurs et d'autre part les grosses flottes industrielles.

Cette distinction artisan-industriel se retrouve dans toutes les activités, allant de l'agriculture au transport routier.

Les politiques le savent. Il est malhonnête intellectuellement d'aborder la question sans en tenir compte.

Qu'il s'agisse des quotas de pêche ou du prix du carburant, la question se pose différemment en termes humains comme environnementaux.

" La motorisation, ainsi que l'épuisement des bancs du Golfe de Gascogne, va aussi industrialiser la pêche au thon, amenant aux gros thoniers-senneurs-congélateurs modernes lançant leurs sennes durant 2 mois au large des côtes africaines, pouvant embarquer 500 tonnes de thon dans leurs cuves, avec un équipage d'une vingtaine de marins.

Les armateurs français et espagnols possèdent également des flottilles en océan indien[1], Port-Victoria est devenu le plus grand port de transbordement de thon de l'océan indien, une usine de transformation et de conserve a été construite sur place et traite près de 400 mt/jour.

De nouveaux thoniers pouvant stocker près de 2000 tonnes de thon à bord ont été construits. Quelques essais de navire-usine ont été effectués (armement Saupiquet) sans grand succès. La tendance actuelle est aux unités de moyen tonnage pour les français, les espagnols construisant encore de gros navires." Références : Wikipédia

Humainement, il s'agit d'une question de survie pour l'artisan alors qu'il ne s'agit que d'une question de rentabilité pour les sociétés de pêche industrielle, propriétaires des bateaux usines qui réalisent le plus gros de la pêche. Il est loin le temps d'Hemingway et du Vieil homme et la mer.

Comme pour la grosse distribution et le commerce proximité, la monoculture intensive et l'agriculture vivrière, la pêche industrielle doit représenter 10% de la flotte en termes d'unités et d'emplois et doit réaliser 90% des prises.

D'un point de vue écologique, la pêche artisanale n'a pas le même impact sur la faune marine que la pêche industrielle. Cela fait des années que la pêche au thon est connue pour être responsable de la disparition du dauphin (programme européen). Le pêcheur artisanal est plus sélectif.

De quels pêcheurs parlent les critiques aux quotas ?

Quoiqu'il en soit, ce sont les artisans qui remplissent les rues chaque fois qu'une profession est confrontée à des difficultés conjoncturelles. Ils défendent avant tout les bénéfices des industriels qui ne rempliraient une salle de restaurant.

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