Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

20/06/2008

Benoît XVI et Richard Dawkins

074cee30cfab16494dc9683bfe1dfda7.jpgLe pape met les croyants en garde contre une interprétation erronée de la Bible susceptible de servir plus les intérêts de certains groupes ou prédicateurs que la Foi. L'Eglise s'inquiète du prêt-à-penser ou du religieux sur mesure, par l'effet desquels chacun prend ce qu'il lui plaît et se fait sa propre religion, par facilité ou confort. Une telle interprétation ou approche de la religion favorise la dérive sectaire.

Cette inquiétude n'est pas nouvelle. L'Eglise l'a déjà exprimée, y compris sur le web.

Des auteurs reviennent régulièrement sur le passé de l'Eglise pour en stigmatiser les dérives. Rappeler le passé est très important. Prétendre expliquer le présent à la lumière de faits d'une autre époque n'est pas, en revanche, correct.


3e9175f8ed0309910d1289393656c7dd.jpgLa religion catholique a subi depuis Constantin le Grand une instrumentalisation par le pouvoir. L'affirmation de la laïcité a eu pour effet de libérer la religion de la tutelle politique. Cette émancipation s'illustre dans les actes de repentance de l'Eglise. Ces contritions participent à l'affirmation d'une conformation à la Parole.

La laïcité n'est pas l'affirmation en revanche du respect de la personne. Elle est à l'origine du massacre des Cristeros au Mexique. L'Irak de Saddam Hussein était une république laïque (comme la Syrie d'aujourd'hui).  

Oublier la tendance du politique à capter la légitimité du sacré est donc une erreur. Des saints témoignent de la résistance de l'Eglise au politique.

L'erreur de l'ouvrage de Richard Dawkins  "En finir avec Dieu" est d'entretenir cette confusion du politique et du24d6e9af5e47ea3c9668c7cb3f474fb6.jpg religieux, du profane et du sacré. Il reprend l'argumentaire de l'athéisme.

Michel Onfray avait déjà proposé une réflexion identique dans son "traité d'athéologie" . Matthieu Baumier en a fait la critique en publiant un "anti-traité d'athéologie". La confrontation des deux ouvrages n'est pas à l'avantage du premier. Le promoteur de "l'hédonisme" manque singulièrement de rigueur, ce que ne savent peut être pas tous ses lecteurs.

5f69650aed17472706e2697b827f44fe.jpg 

7e118a52d5a4f4fa782c1dd9b0e1d7de.jpgCe débat de l'athéisme et du religieux n'est pas nouveau. Il existe depuis l'origine. La philosophie le résume en celui de l'utile et du juste. Le matérialisme, issu de la pensée d'Epicure, promeut l'utile. Le rationnalisme d'Aristote promeut le juste. Ce débat se retrouve dans l'opposition du prinicpe d'immanence à celui de transcendance, et dans une moindre mesure dans l'existence de la Grâce ou son refus. Ces distinctions ont une importance. Max Weber a révélé la filiation entre le protestantisme et le capitalisme (sociologie des religions). La société actuelle n'est plus à proprement parler capitaliste mais financière.

Monsieur Richard Dawkins apparaît donc comme un militant de l'utile, puisque son ouvrage se résume à dire que Dieu ne sert à rien.

Le caractère utilitariste de son livre apparaît avant même de l'ouvrir. L'argument de vente sur le bandeau ajouté à la couverture : "Déjà vendu à 2 millions d'exemplaires" fait plus appel à un réflexe consumériste qu'il ne flatte l'intelligence. Depuis quand la valeur d'un livre tient-elle du nombre de ses acheteurs ? Richard Dawkins ne serait pas de taille à dénier l'existence de Dieu si tel était le cas. La Bible se vend à trente millons d'exemplaires chaque années.

La seconde impression décevante vient de l'amalgame d'un auteur pensant pouvoir tirer d'une énumération de faits une preuve de la nocuité de Dieu sur l'humanité. 

ae2cb212f04e09e66c5f652e207714b3.jpgAuschwitz ne témoigne pas de la cruauté divine ou d'un abandon divin mais bien plus à quoi peut aboutir un Monde où les hommes rejettent Dieu. Le nazisme était athée, voir païen. L'Eglise catholique a condamné le nazisme. Pie XII, enfermé au Vatican, a travaillé à sauver les juifs, quand d'autres pays continuent aujourd'hui à répandre la guerre tout en regrettant de n'avoir pas tout fait.

bfce5753e7ab9793f2634709e71bb68a.jpg

L'auteur ne relève pas que les errances dénoncées contre certains clercs témoignent avant tout de la faiblesse de l'homme s'abandonnant à la satisfaction immédiate de ses sens. Le pape souligne que les comportements contraires aux Ecritures sont incompatibles avec l'Eglise.

L'ouvrage de Richard Dawkins ne démontre donc rien.

6ce1babcf7bad0e309f4375c04ceaff5.jpegAu contraire. Il contribue à entretenir l'homme dans l'idée d'une vie sans Dieu, dont l'effet est de le lier encore plus fermement à l'illusion des contingences matérielles, qui sont à l'origine de la misère et des souffrances frappant l'humanité. Le discours de l'Eglise, à commencer par celui du pape, vise justement à libérer les hommes d'une conception matérialiste de l'existence aboutissant à leur enfermement. La réflexion de Richard Dawkins vient s'opposer sopposer sur ce point aux études de Jospeh Stiglitiz, prix Nobel d'économie. Le premier promeut une posture dont le second révèle les effets désastreux (Une guerre à 3000 milliards de $).

02f883ffa5dd59e50a1730e87d6ede00.jpg

 Richard Dawkins paraît même à contre courant de son époque.

f30de662d5b162ad7080673168d95620.jpgLa sociologie révèle un regain de la religiosité - à commencer chez les jeunes. Cette tendance lourde peut s'interpréter comme une réaction à la misère intellectuelle, affective, de la société moderne entretenant l'insatisfaction permanente. Henri de Lubac avait signalé "le drame de l'humanisme athée". L'ouvrage collectif consacré à Yves Bénot pose la question de l'existence d'une "morale matérialiste" et semble y apporter une réponse négative.

25f4cd6f16e65d0d66719ddf5d72e9c1.jpg

Les dernières encycliques du pape rappellent deux des trois vertus théologales que sont la charité (Deus caritas est), la foi et l'espérance (Spe salvi). L'amour - de Dieu et du prochain - est l'enseignement principal de l'Eglise. En éloignant l'homme de Dieu, le matérialisme contribue à éteindre l'importance de l'affection. En chassant le religieux du débat public, le matérialisme tend à faire de l'homme un orphelin de Dieu. Il serait intéressant de s'interroger sur l'existence d'un lien entre la désespérance des jeunes et la faiblesse du phénomène religieux (dernière enquête sur les jeunes européens).

L'encyclique Fides et Ratio souligne la proximité de la foi et de la raison. La confrontation de la religion chrétienne à la pensée grecque - Aristote particulièrement - a contribué à son enrichissement. Le débat de l'utile et du juste fonde encore aujourd"hui la divergence de conception de l'Homme dans la société entre le politique et l'Eglise. Il constitue un thème de la leçon de Ratisbonne prononcée par Benoît XVI (Texte intégral).

La religion catholique voit une complémentarité, une proximité, dans la foi et la raison. Descartes prouve l'existence de Dieu dans sa troisième méditation métaphysique. Monsieur Dawkins n'est pas cartésien. Il semble plus proche de Dan Brown ou de Rolf Hochhuth.

03ed3b6435bf432f38daf6116cff3742.jpg

Commentaires

Très bonne synthèse de l'idéologie matérialiste et utilitariste dans laquelle baigne notre société depuis le XVIIIè s. Je crois aussi qu'un gourou de l'athéisme rejette Dieu car il se veut dieu, il veut être calife à la place du Calife. Entre Dieu et un gourou athée, un des deux serait
de trop pour expliquer notre monde. C'est bien sûr une affirmation sur laquelle tous peuvent s'entendre.

Réponse au commentaire :

Merci pour votre appréciation.

La mythologie illustre la prétention de l'homme à s'émanciper de Dieu ou se prendre pour Lui. Elle est illustrée par Prométhée, qui donne son nom à l'expression "d'homme prométhéen" pour qualifier l'anthropologie matérialiste.

Un auteur autrichien a même parlé "d'homme mathématique" dans une de ses nouvelles (Robert Musil).

http://www.tribunes.com/tribune/alliage/43/musil_43.html

Prométhée n'est pas le seul exemple de la mythologie. Une page web propose deux autres exemples :

http://duguesclin.free.fr/Mythologie_grecque/page/Icare.htm

Les peintres s'en sont inpirés, notamment Breughel avec "La chute d'Icare".

http://www.restode.cfwb.be/francais/_Arts/breughel/ICARE/index.asp

Cette richesse de la culture classique témoigne de son apport essentiel à la formation de l'esprit critique et du libre arbitre.

Écrit par : Job | 16/06/2008

"La vérité, en matière de religion, est tout simplement l’opinion qui a survécu."
Oscar Wilde


Réponse au commentaire :

Merci pour votre commentaire et votre citation.

Oscar Wilde reste et demeure un grand écrivain, dont la vie comme l'oeuvre méritent d'être connues. Son cheminement spirituel est cependant méconnu. Il a toujours été proche de la religion catholique. Une analyse de son oeuvre le met en évidence.

http://www.adherents.com/people/pw/Oscar_Wilde.html

Sa déchéance l'a encore rapproché de l'Eglise. Son De profundis fait référence à une prière : "De profundis clamavi ad Te, Domine". Ce rapprochement renvoit à la Parole de l'Evangile rapportant le Christ : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu’ils se convertissent. » (Luc 5, 27-32)

http://viechretienne.catholique.org/meditation/9739-jesus-appelle-les-pecheurs

L'exemple de saint Dismas en témoigne.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Bon_Larron

La richesse spirituelle de la littérature anglo saxonne est assez méconnue. Gilbert Keith Chesterton est à découvrir.

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Chesterton

Au plaisir de vous lire,

Écrit par : Lemaire | 08/10/2008

Vaut mieux entendre ça que d'être sourd!!!

Réponse au commentaire :

A bon entendeur.

Écrit par : dumontier | 17/11/2008

Dialogue de sourds entre partisans d'une (ou de 'la') religion et ceux pour qui toute religion n'est que fabulation et fabrication de l'esprit humain...

Ainsi la phrase :

"Michel Onfray avait déjà proposé une réflexion identique dans son "traité d'athéologie" . Matthieu Baumier en a fait la critique en publiant un "anti-traité d'athéologie". La confrontation des deux ouvrages n'est pas à l'avantage du premier. -

Pourtant je dirais que Matthieu Baumier - que j'ai lu entièrement - s'emploie à dénoncer les inexactitudes historiques (et il y en a sûrement dans le livre de M.Onfray), à tenter de démonter des raisonnements, des interprétations etc. etc. et qu'il est, en réalité, complètement à côté du sujet.
Ayant lu le "Traité d'Athéologie" de M.Onfray, je conviens sans peine qu'il s'y trouve effectivement des exagérations, des inexactitudes historiques et des jugements hâtifs... Il y a là un ton clairement... iconoclaste - je dirais excessif qui, pour moi, s'explique par une sorte de soif de revanche contre de prétendues vérités que notre éducation chrétienne nous a conditionnés à ne jamais remettre en question. Il s'agit, en quelque sorte, d'une réaction salvatrice et d'une liberté d'expression qui s'emballe... D'où, à mon sens, le ton général de l'ouvrage et, parfois, ses outrances.

Mais quelle est la réponse de Matthieu Baumier, dans son "Anti-Traité d'Athéologie" ? J'y vois celle d'un croyant choqué qui se précipite sur tout ce qu'il trouve d'inexact et d'outrancier dans le "Traité" - surtout lorsqu'il s'agit de "saints" et respectés personnages de la tradition catholique (Paul de Tarse, la vierge Marie, SS Pie XII, SS Jean-Paul II...)- pour défendre le terrain... de quoi ? De l'Histoire ? Alors on peut lui reconnaître un souci certain de la vérité historique (si tant est qu'il y en a une).

Pourtant... il me paraît très clair que CE N'EST PAS le souci de vérité historique qui anime la réaction de M.Baumier ! Tout autant que l'ouvrage de M.Onfray, l' "Anti-Traité d'Athéologie" est une réaction à vif, ici une défense de la religion (inattaquable par principe pour les croyants) à coup d'arguments d'historien qui se dérobe ainsi du véritable sujet, car enfin le "Traité d'Athéologie" n'est PAS un traité d'Histoire ! C'est avant tout une (re)mise en question de la croyance religieuse dans son principe...

Or Matthieu Baumier n'exprime en fait qu'une seule chose en deux cent-trente pages, qui pourrait se résumer en quelques mots : "Ne touchez pas à mon Christianisme, à ma Vierge Marie (voir p.49 !!), ne touchez pas à mon Saint Paul de Tarse, à mon Eglise, à mes papes, ne dites pas que l'Eglise a toujours déconsidéré les femmes (car il n'y a rien de plus faux - Genèse à l'appui, Cantique des Cantiques à l'appui, Saint Paul à l'appui (!), Jean-Paul II à l'appui!!), bref... ne dites rien contre ma chère religion, ça me fait mal et ça ME DERANGE.

Ma conclusion est que la "confrontation des deux ouvrages" n'est sûrement pas à l'avantage du second, loin s'en faut. Le premier remet franchement la religion en question, ce qui est un point de vue, et le second répond sans oser l'avouer que, tout simplement, cela le dérange et cela ne lui plaît pas.



Réponse au commentaire :

Ces deux auteurs ne font pas oeuvre de fiction - au moins pour Monsieur Baumier - et on ne peut se limiter à une appréciation esthétique.

Monsieur Matthieu Baumier cite des sources scientifiques et des citations exactes, ce que ne fait pas Monsieur Onfray.

La comparaison de ces deux auteurs est une question d'exigence intellectuelle et les lecteurs jugeront d'eux-mêmes la pertinence de vos appréciations en lisant ces deux ouvrages.

L'important est d'informer le public qu'il existe autre chose que le Da Vinci Code, Richard Dawkins et Michel Onfray, lesquels manquent de rigueur et dont on fait étonnamment des références...

Le comportement de ces auteurs n'est pas sans conséquence. Il pose une question essentielle. Quel monde peut-on espérer construire sur l'éloge du mensonge, la mystification ou le sophisme ?

Le pharisianisme intellectuel menace la paix. Il favorise le règne du formalisme vidé de sens. Il est une insulte à l'intelligence et à la raison, une marque de mépris, la porte ouvert aux abus. Il suffit de lire Hannah Arendt, Jacques Ellul ou de s'intéresser aux travaux de Stanley Milgram pour mesurer la justesse des propos de Rabelais : « Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme ». Il suffit de regarder l'histoire.

C'est un manque de charité, une marque de mépris, que d'entretenir les gens dans l'illusion du savoir. Défendre des auteurs qui s'y livrent est incompatible avec le respect de son prochain, c'est d'autant plus grave quand on apprte sa caution à l'égarement dans lequel on entretient et maintient l'opinion qui fait confiance à ceux qui s'affichent comme les "sachants". La grande responsabilité de l'intellectuel est d'anticiper les conséquences de son engagement. Il ne peut pas dire "Je ne savais pas", par ce que ce qui le distingue est justement de savoir, de devoir savoir. Un intellectuel n'a pas l'excuse de la bêtise ou de l'ignorance.

C'est donc une erreur grave de se servir de son autorité intellectuelle pour insinuer que Monsieur Matthieu Baumier a tort de démontrer les faiblesses du raisonnement de Monsieur Onfray. Une telle posture consistant à dire : "Celui qui ment di la vérité et inversement" est digne des romans d'Orwell, sans évoquer l'histoire.

Matthieu Baumier n'est seul. D'autres auteurs démontrent régulièrement l'impasse dans laquelle nous conduisent des gens comme Michel Onfray :

http://sartorius.blogs.lalibre.be/archive/2008/01/23/jean-claude-michea-et-la-revolution-de-la-pensee-economique.html#more

Chacun a droit à la vérité.

C'est le souci de ce blog vous donnant le moyen d'exposer vos appréciations pour permettre à tous de juger en leur âme et conscience où se trouve la rigueur intellectuelle et le respect de l'autre.

Merci d'avoir relancé le débat essentiel de la nécessité d'un véritable progrès intellectuel. C'est du dialogue que jaillit la lumière.

Écrit par : Jean-Pierre Minguet | 11/02/2009

"Il est une insulte à l'intelligence et à la raison"

Comme la religion, en fait.

Franchement, vous essayez de concilier une fiction (la religion), quelque chose qui ne peut être prouvé, et la recherche de la vérité qui anime la science.
Peu importe la rigueur ou la non rigueur du propos, il y a un choix à la base qui est fondamentalement inconciliable : celui de l'irrationnel ou celui du rationnel.
Aucune connaissance sur l'homme ou le monde n'est issue de la révélation. Il y a toujours eu un être humain pour élaborer une pensée, la formuler, émettre un jugement éthique, moral, élaborer un système de valeur, écrire un poème sur ce qu'il ressent.
Ces "inspirations divines" et autres ne sont que des métaphores et des allégories. Si vous voulez croire à des choses improuvables, ne venez au moins pas évoquer la notion de "vérité". Ce mot est plutôt choquant dans la bouche d'un croyant.
Oui, c'est mon opinion. Oui, vous avez la vôtre. Mais votre opinion de spiritualiste est basée sur quoi ?

"Quel monde peut-on espérer construire sur l'éloge du mensonge, la mystification ou le sophisme ?"

Je vous pose la question, car en fin de compte, si votre croyance n'est pas vraie, qu'est-ce d'autre qu'un mensonge ?
Si votre croyance est vraie, alors toutes les autres pensées, philosophies et religions sont des mensonges.

Dans tous les cas il y a mensonge donc, d'un côté ou de l'autre.

Je préfère le mensonge qui ne postule pas ce qui n'existe pas mais qui essaie de mentir de bonne foi sur ce qui existe.

Réponse au commentaire :

Vous raisonnez dans le mensonge. C'est triste.
La religion prône l'amour de la vérité. C'est quand plus sympa, non ?
Descartes a démontré l'existence de Dieu (3° méditation métaphysique). Personne n'est parvenu à en démontrer l'inexistence.
Bonne chance quand même.

Écrit par : Michel Targnole | 04/09/2009

Les commentaires sont fermés.