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06/06/2008

Hédonisme et spiritualité

fe6211c1e6c06590742958775eb0f80f.jpgUn évèque a bénéficié d'un non-lieu pour avoir dit, semble-t-il, sur une radio ce qui est écrit dans le catéchisme de l'Eglise catholique. 

Il est nécessaire de replacer les trois paragraphes - sur près de 3000  - qui abordent l'homosexualité dans le contexte du catéchisme.


6e46323b95670177d19fd84f49896ef6.jpg"Abordent" par ce que ces paragraphes ne traitent pas spécialement de l'homosexualité mais s'intègrent, sous un titre "Chasteté et homosexalité", au commentaire du sixième commandement : "Tu ne commettras pas d'adultère". C'est à la lumière de l'adultère que l'Eglise aborde l'homosexualité. Pas en tant que telle.

Il ne s'agit donc pas de parler de l'homosexualité mais seulement de l'évoquer à propos de la vocation à laquelle tous sont appelés en dehors du sacrement du mariage, celui de la chasteté.  L'homosexuel n'est donc pas mis à part. Il est placé au contraire dans une réflexion générale au même niveau que les autres. Le désordre n'est pas relatif à la personne mais à la sexualité, qu'elle soit homo ou hétérosexuelle.

"Chasteté et homosexalité" s'articule en trois paragraphes courts.

Un paragraphe expose les incompatibilités des pratiques homosexuelles avec le dogme. (2357)

Un second appelle les catholiques au respect des homosexuels (2358)

Un troisième aborde l'appel à la chasteté permettant l'émancipation et la liberté (2359)

Ces trois petits paragraphes appartiennent à un tout donnant une indication de l'absolu, du défi divin adressé à l'humanité, à se forger une ambition spirituelle, pour se libérer des contingences matérielles. Il revient ensuite à chacun de se déterminer. 

Le dogme catholique n'est pas homophobe. Le judaïsme et l'islam permettent d'en mesurer la modération.

La contradiction fondamentale de la religion dans le monde contemporain5bcd1af062ce28f6853cec91374868c9.jpg et que celui-ci entretient l'homme dans l'illusion de la satifaction de ses instincts (Einstein "Comment je vois le monde") quand le chrétien est appelé à s'améliorer.

La confrontation de l'hédonisme pourvoyeur du consumérisme au dogme religieux suscite l'opposition du premier à l'égard du second et inspire à la fois la fausse libéralisation (des moeurs, de la pensée, ...) et la critique systématique du fait religieux.

Dutroux, Outreaux, Fourniret sont des avatars de l'hédonisme. Ils montre une misère à laquelle conduit l'appétit de jouissance immédiat, écho terrible au "Drame de l'humanisme athée". C'est un autre débat.

 

L'actualité de l'évèque cité devant le tribunal témoigne de l'affirmation d'un index de la pensée post-moderne se mettant insidieusement en place. Le "politically correct" n'est pas récent. Il ateint un effet contraire au but initial en se radicalisant.

L'homosexualité était tabou dans le passé. Elle devait se cacher. Aujourd'hui, qu'elle se montre, il devient tabou d'en parler, autrement que dans un certain sens. La pratique du "coming out" consacre l'idée de la discrimination. Il est particulier d'afficher son intimié tout en prétendant que le religieux doive s'y limiter exclusivement. Stand the ghetto. S'il existe une difficulté, elle n'est pas tant de s'affirmer que de s'assumer.


c657bd33ddb3f7e235c96b4fa411a856.jpgUne tendance est d'éclipser le sujet débat au profit de la promotion des portes paroles monopolisant un thème. Il n'y a plus débat quand un petit groupe revendique le droit exclusif de parler d'une cause.

Ce genre de dérive est assez général. Le dialogue s'épuise dans un rapport de force informel, inommé, lassant.

Il y a toujours une organisation pour exprimer des renvendications mieux que ne sauraient le faire les intéressés. C'est un prinicpe généreux. Les femmes battues, l'analphabétisme, la misère, la faim dans le monde, les enfants martyrs, les immigrés clandestins, les pauvres, les ouvriers, les personnes en fin de vie, les associations de parents d'élèves... 

L'idée est bonne et les organisations militantes sont utiles. Mais elles  se décrédibilisent dans l'excès et prètent alors à la caricature. Les personnes n'ont plus le sentiment d'être aidées ou soutenuese, mais marginalisées. D'incomprises, elles acquièrent une image qui n'est pas la leur. Le résultat s'en ressent. Le débat politique est également dans cette tendance. On négocie. 

Des organisations féministes charitables qui voulaient mettre un terme à l'esclavage en Afrique auraient contribué de façon déterminante à l'avènement du colonialisme ("De la colonisation philanthropique à la recolonisation humanitaire" Bernard Lugan).

 

0c73ea69e84d8964cfe0127cb406c71b.jpgLa propension à la victimisation et la volonté à ne montrer que l'aspect brillant d'un groupe n'est pas non plus une bonne stratégie. Il n'y a pas d'exemplarité collective. 

Des homosexuels ont manqué de magnanimité, de compassion, même à l'égard d'autres homosexuels. Le cas d'Edgar Hoover est intéressant. Des homosexuels ont contribué à leur propre persécution quittes à en périr eux-mêmes.

La loi des grands nombres fait que l'on retrouve une répartition identique de génies et de voyous chez les homosexuels que dans n'importe quelle autre panel de population distingué d'après un critère aussi arbitraire que peut l'être la préférence sexuelle.

Est-ce d'ailleurs un critère significatif ?

L'homosexualité et la question de l'inné et de l'acquis est un mauvais débat. Le sujet n'a pas de réponse. C'est la division par zéro. S'il s'agit d'un acquis, il est tout aussi concevable de faire des distinctions entre les personnes selon leurs choix alimentaires, vestimentaires, culturels, ... S'il s'agit d'un acquis, il se heurte au fait que tout le monde naît de parents hétérosexuels. 

Appeler à la barre de la cause homosexuelle Léonard de Vinci ou Oscar Wilde n'établit pas plus un lien de cause à effet entre une orientation sexuelle et le talent.

L'artiste est reconnu pour sa production, pour son oeuvre. 

Qui aurait l'idée de faire la promotion des artistes hétérosexuels ? Des hommes d'Etat hétérosexuels ? Du droit hétérosexuel ? Des centres de vacances ou des boîtes hétérosexuelles ? ... Et de se livrer à une comptabilité pour en déduire la propension au génie de l'hétérosexualité ? C'est aussi stupide que de vouloir faire un lien entre le génie et une nationalité.

L'argumentaire pro gay est également contradictoire dans sa stigmatisation de l'Eglise. Nombreux artistes homosexuels de la Renaissance ont connu la fortune ou la notoriété grâce à à l'Eglise. Michel-Ange est l'architecte du dome de la basilique Saint Pierre de Rome... Si l'homosexualité n'était pas acceptée, elle était tolérée. La vie de Raphaël et du Carravage permettent de voir que la dimension personnelle de l'artiste, son caractère, ont bien plus participé à leur destin que leur sexualité.

 

La nuance importante entre "tolérance" et "acceptation" se pose encore aujourd'hui comme pour l'euthanasie. La banalisation des choses ou leur consécration juridique n'apportent pas forcément une solution. La systématisation d'un fait de société met en place des automatismes qui excluent progressivement toute la part d'humanité à l'origine de la revendication.

 

L'inconvénient de l'activisme homosexuel est de présenter une image monolithique d'une population dont il n'est pas certain qu'il reçoive une adhésion unanime de la part des prinicpaux intéressés. Tous les homosexuels ne se reconnaissent pas dans un militantisme radicale, comme tous les électeurs ne se reconnaissent pas dans l'activisme violent. Il est dommage de coller ainsi une image aux gens.

L'enfer est pavé de bonnes intentions.

IN MEDIO STAT VIRTUS 

 

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