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03/06/2008

Déferlement climatique de "On"

96b25a98ec3c5247d3b8d3a121b165e8.jpgLa ville de Liège - comme d'autres - a connu un épisode météorologique exceptionnel.

Ces innondations font penser à l'adaptation cinématographique de l'apprenti sorcier de Paul Dukas par Dysney. 

L'Europe et la Planète en connaissent de plus en plus souvent. Al Gore a eu un prix Nobel de la Paix pour en avoir exposé les risques dans un documentaire "Une vérité qui dérange".

Le problème du développement économique et du progrès technique - il serait plus juste d'employer le pluriel (CO2 ; OGM ; crise des ressources alimentaires, énergétiques ou matières premières ; exploitation de la msère ; violence institutionnelle ; ...) mais tout revient au même - interpelle quotidiennement l'opinion.

La question est souvent la même : "Mais que fait-on, qu'attend-on ? Il faut qu'on change."


Ce "On" est pratique. 

Est-ce d'abord à "On" tout seul de s'interroger ? Souvent asis dans son automobile à bruler de l'essence - ou du gas-oil - à fumer sa cigarette dans des embouteillages, "On" observe les autres, même si le sexe féminin se distingue par un usage plus personnel du rétroviseur intérieur, l'égarant parfois dans l'oubli d'une trop grande contemplation de son moi superficiel... Il arrive aussi - et de plus en plus souvent - à des mâles de s'y prêter pour s'assurer qu'ils sont propres. Rien n'est plus terrible que d'avoir une tête de sale "On". 

"On" a bon dos. Il est toujours responsable. Et il ne chage pas. Quel "On", celui-là...

Il faut dire qu'il est toujours encouragé à consommer et qu'il doit porter ensuite la responsabilité de la pollution de la planète.

Comme cette incohérence, cette contradiction ne le choque pas ; la solution la plus simple est donc de le culpabiliser.

Cela commence dès l'enfance. Le petit "On" - certains le reste longtemps - doit obéir avant de comprendre. "On" ne doit rien dire. Certains métiers correspondent meiux que d'autres à ce genre de "On", pour la plus grande satisfaction de ceux qui dirigent. Même si "On" n'est pas toujours d'accord.

Il arrive à "On" de s'émanciper. Il devient alors un grand "On". Il n'est pas certain que la différence entre le petit "On" et le grand "On" soit si nette. En effet, "On" est invité à suivre les conseils plus ou moins pressants de son environnment social : un vrai système à la "On", dans lequel "On" va faire tout et son contraire. 

Pour polluer moins, il faut qu' "On" roule moins vite. "On" achète des voitures puissantes (cela contribue à son image de "On"). Mais dans le même temps, il doit respecter des limitations de vitesse. Une véritable histoire de "On". Il s'agirait d'épargner des vies sur la route. "On" constate facilement que ces arguments sont ce circonstances, pour éviter de dire que la sinistralité de la route a un coût élevé. L'industrie automobile, pétrolière, pneumatique seraient remises en cause. les transports de marchandises aussi. La pollution de manière générale...

S'il s'agisait vraiment d'épargner des vies, la prévention du suicide, des accidents domestiques et des accidents du travail feraient également l'objet d'une communication et d'une sensibilisation importantes. "On" n'en entend pas parler aussi souvent. Normal. Un suicide coûte rien à la société, un acident domestique bien peu également, et l'accident du travail est mutualisé. En revanche, l'accident de la route mobilise des moyens lourds qu'il s'agit d'entretenir. Pas si "On" que ça tout de même !

Pour polluer moins, "On" est aussi invité à faire le tri sélectif de ses ordures. Quand "On" fait ses courses, la première chose qu'il achète, de plus en plus souvent, sont des emballages. Il en remplit sa voiture avant de les jeter. C'est peut-etre la raison qui certains "On" à désigner leur voiture comme une "poubelle". "On" paye des sacs et des taxes pour les jeter en arrivant chez lui ; parce que "On", en bout de chaîne, n'a aucun moyen de faire évoluer les choses, même s'il les trouve complètement aberrantes. Pourquoi acheter autant de déchets et payer pour s'en débarasser ? "On" risque d'en avoir assez. Il ne serait pas surprenant qu' "On" vienne à s'en débarasser tout de suite sur le parking du supermarché.

"On" est le prinicpal facteur de pollution. Il coûte cher, surtout quand "On" est vieux. "On" est encouragé à ne pas encombrer les services médicaux ni consommer trop de médicaments. Même si un vieux "On" mourant est utile pour mettre au point les molécules dans les hopitaux, il serait préférable que "On" soit raisonnable en choisissant le départ volontaire pour un autre Monde, dont la mentalité dominante est de dire qu'il n'existe pas. Par certains égards, la gestion des "On" commence avant la naissance avec la régulation des petits "On" à naître. Comme pour les déchets, "On" procède - imperceptiblement peut-être - à un tri sélectif dans la population ; quand il évoque de faciliter la disparition des vieux "On", en fin de vie, en souffrance.

Quel sacré "On".

Il ne faut pas non plus exagérer ; parce qu'il arrive quand même qu' "On" s'interroge : "Mais qu'est-ce qu' "Ils" font pour que cela change ?".

La preuve qu'"On" est toujours le "On" d'un autre. 

C'est peut-être une erreur de croire que la  question se limite à savoir s'il y a dérèglement climatique ou non. "On" devrait s'inquiéter de la capacité de l'humanité à témoigner de ce qui, normalement, la distingue du règne animal : la raison. "On" n'en témoigne pas toujours.

La solution serait d'être un peu plus critique sur les gouvernements de "On", au moment du bilan et l'étude de leurs programmes. "On" se laisse souvent endormir, et "On" se fait avoir régulièrement. Normal, c'est le but du marketing politique. "On" porte toute son attention sur l'emballage qui fait vendre, même si "On" le jette ausitôt sorti du magasin.

"On" a la faiblesse de croire dans le progrès, l'illusion de maîtriser le vivant, la biologie, s'émanciper de son environnement. Rien dans le cerveau - une vrai tête de "On" - mises à part quelques belles individualités pour cautionner le tout, "On" a fait n'importe quoi avec ce qui lui a été confié. Il fait toujours n'importe quoi. Chute d'Icare et Tour de Babel. Encore plus gros, encore plus fort. "On" a foutu la pagaille. Une très grosse pagaille.

N'est-il pas logique que la Nature finisse par reprendre ses droits ?

Une nature à la "On", peut-être, mais ifaudrait-il d'aborde cesser de dire qu'on n'y est pour rien.

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