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17/04/2008

Quand un gros légume raconte des salades et prend les autres pour une courge.

89fcef5681465946d40db2ba3d7f7dbb.jpgLe Soir nous informe dans son cahier économie qu'une conséquence inattendue de la hausse du prix du blé est d'entraîner celle des légumes (Benoît July - Le Soir du 16 avril 2008 p. 19) :

"Alimentation Une conséquence inattentude de la hausse du prix du blé : les légumes surgelés chauffent aussi.

Le journaliste rapporte les explications de M. Herwig Dejonghe, administrateur délégué de Pinguin, un des cinq plus gros producteurs européens de produits surgelés, qui peuvent se résumer par cette affirmation : "Dès lors que le blé rapporte davantage, nous sommes bien obligés de nous aligner et de leur proposer des prix plus élevés pour les persuader de continuer d'affecter des terres à la culture des légumes."

C'est un sophisme de plus basé sur l'offre et la demande.


Un cultivateur de légumes est un maraîcher qui plante, sème et récolte plusieurs fois par an, souvent sous serres et sur des surfaces, qui même si elles sont grandes, demeurent raisonnables. Le maraîcher a un équipement léger. Son tracteur est d'une taille moyenne. Il a besoin d'un hangar et d'un camiion pour transporter ses produits frais au marché dès la récolte. Son activité est continue, il exploite en permenence ses terrains en variant les plants selon la demande et la saison. L'intervention humaine est prédominante (ceuillette, mise en cageots).

Un cultivateur de blé est un céréalier. C'est une toute autre organisation qui demande un matériel différent et suit une logique distincte. La culture céréalière est industrielle et s'exerce sur de très grandes sufaces (plusieurs dizaines voir centaiens d'hectares). Le céréalier ne fait qu'une récolte ou deux au plus, s'il a la chance de bénéficier d'un climat qui le permet. Le céralier a besoin de machines agricoles lourdes, voir très lourdes, de gros tracteurs pour travailler les très grandes surfaces, d'un système d'arrosage dimensionné à la taille des cultures, d'installations de stockage imposantes (silos), d'une logistique pour le transport des grains (gros camions). Les moissons sont une opération qui doit être ménée rapidement, dictée par la météo et nécessitant des équipes pour les moissonneuse batteuses. Le travail est très mécanisé.

La poltique agricole commune intervient également différemment.

Il s'agit donc de deux métiers différents. Ils n'exercent pas leur talents de la même manière, ni à la même échelle, ni avec un matériel qui leur permet de passer d'une activité à l'autre. Sans parler des investissements et du savoir-faire propre au maraîcher et au céréalier qui les empêchent d'être immédiatement compétitifs en cas de changement. Le maraîcher travaillera plus dans une logique de culture intensive et le céréalier dans une logique de culture extensive, même s'il recherche à augmenter le rendement au mêtre carré. Ce qui est un argument des semenciers comme Monsato. L'augmentation du rendement appauvrit la terre et nécessite de plus grandes quantités d'eau.

M. Herwing Dejonghe raconte donc n'importe quoi. Il est regrettable que le journaliste témoigne d'un manque de sens critique en se contentant de rapporter les propos et les arguments de l'administrateur de Pinguin.(1) Ces propos sont d'autant plus étonnants qu'il se félicitait d'une embellie du marché des congelés dans les Echos. D'autres articles des Echos sur la société Pinguin expliquent la raison d'une augmentation des prix : 

Cela semble confirmer que tout est bon pour faire gober au public une augmentation, qui n'est avant tout que le résultat d'une logique financière poussant à la spéculation sur les marchés. 

Le congelé prend le lecteur un imbécile.

 

(1) Le Soir publie des articles favorables à l'euthanasie. Il faut espérer qu'il témoigne de plus de sérieux dans ses réflexions qui peuvent réduire l'existence humaine à un produit jetable.

Commentaires

Bien vu!

Signé Sk1ppy! ;-)

Écrit par : Sk1ppy | 18/04/2008

Je suis dentiste algérien et je désire savoir s''il y a une possibilité de faire un partenariat avec un agriculteur puissant en Algérie prés de la frontière du Niger. Ce lieu présente un gros gisement d'eau sous terrain (un fleuve sous terrain) et le climat permet deux récoltes par an. il y a du sable sur 20 cm et de la terre riche. La configuration plate du terrain présente l'avantage d'offrir la possibiilté d'une irrigation transversale sur tout le long des 8 kilomètre avec une surface supérieur à 1000 hectare.
J'attends avec impatience votre réponse .
Meilleurs voeux,

Réponse au commentaire :
Merci pour votre intérêt et vos voeux.
La société agroalimentaire citée dans la note n'a pas exprimé le souhait de tisser des liens privilégiés avec la rédaction de ce blog.
La région dont vous parlez connaît des tensions.
http://www.afrik.com/article13435.html
Votre projet répond au soucis de la "plate forme souveraineté alimentaire".
http://www.pfsa.be/
Le NEPAD devrait également être intéressée par votre idée.
http://www.nepad.org/2005/fr/home.php
Il y a aussi la FAO.
http://www.fao.org/index_fr.htm

Écrit par : boudjabi | 25/06/2008

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