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15/04/2008

L'immobilier, l'exode des foyers et les organisations internationnales

f1161346c72ef7faf2799010d5c5626e.jpgBruxelles est une ville qui se vide. Une ville qui se vide est un ville qui meurt. Il suffit de se promener dans le quartier "européen" pour avoir une idée de ce à quoi pourra ressembler Bruxelles dans quelques années si la population continue à baisser.

La région Bruxelles capitale se plaint de l'exode des foyers vers la Wallonie ou les Flandres.

Il n'y a rien d 'étonnant à cela.


Il suffit de faire la liste des organisations internationales, des ambassades, des sièges sociaux et des institutions belges et régionales qui se trouvent dans la capitale pour comprendre.

Les fonctionnaires internationaux, les diplomates, les cadres dirigeants, les parlementaires, et tous ceux qui - à un titre ou un autre - sont à Bruxelles en mission ont leur loyer de pris en charge. En d'autres termes, ils ne le payent pas.

Le marché locatif bruxellois - comme dans de nombreuses capitales - est faussé par ces locataires subventionnés de luxe, qui se logent sans trop s'angoisser du prix. La sureprésentation de cette classe "politico-administrative" fause le marché. D'autant plus que Bruxelles est une capitale assez petite en nombre d'habitants (900 000). La Commission européenne, à elle seule, compte près de 25 000 fonctionnaires. Il faut y ajouter les ambassades et leur personnel, l'OTAN, le Parlement européen, le gouvernement belge, le gouvernement flamand, le gouvernement Bruxelles Capitale, etc.

Si de nombreux privilégiés ont ainis la chance d'être Bruxellois ; tous les Bruxellois n'ont pas le privilège d'avoir leur loyer pris en charge, aussi modeste soit-il. L'effet inflationniste de cette prise en charge des loyers frappe d'abord les ménages modérés ou faibles et les conduisent à s'éloigner de Bruxelles, et donc à quitter la région. 

La taxe sur les achats immobiliers étant deux fois plus élevée à Bruxelles Capitale et en Wallonie (12,5%) qu'en Flandres (6%), parler français revient cher, et tout Bruxellois (bilingue) choisira, pour le prix, autant s'exprimer en néerlandais.

La solution à cette situation n'est pas de parler de "mobilité" mais de taxer la prise en charge des loyers pour rééquilibrer le marché locatif et permettre le maintien des ménages.

Il est socialement anormal qu'une personne bénéficie gratuitement de l'occupation d'un local quand cet avantage conduit à une dérégulation fictive du marché et à vider la ville de sa force vive, générer des flux quotidiens de personnes, encombrer les rues d'une circulation polluante, nécessiter des manègements publics coûteux (transports en communs).

Compte tenu que la prise en charge du loyer est un avantage en nature bénéficiant à l'employé et que les impôts sur le revenu représentent 50% du coût total employeur, il serait logique que toute organisation - l'employeur - prenant en charge un loyer doive verser à la région Bruxelles Capitale l'équivalent du loyer en taxes. Cet argent permettra d'améliorer les infrastructures, le social, le scolaire et calmerait le marché des loyers. Cela referait de Bruxelles une ville attractive et vivante.

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