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19/03/2008

Crisis, what crisis ?

e1298c1dfaf50fd6cfd4470f056529c2.jpg"Les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l'État les fait mal". Talleyrand

L'origine de la crise actuelle se trouve dans le dysfonctionnement et les aberrations du système financier et non pas  dans un problème économique.


Crisis, what crisis ? 

Ce n'est pas la consommation ou la croissance qui en sont à l'origine mais les banques et l'agence de notation Standard and Poors.

Les subprimes ont été encouragées par cette agence. Elle vend ses évaluations aux investisseurs et oriente le marché. Elle est juge et partie. Elle a tout intérêt à vendre des bonnes informations. La légèreté et la négligence de la profession bancaire et les encouragement politiques dans la dérégulation des marchés ont aussi leur importance dans la situation actuelle. Peu de voix se sont élevées pour expliquer le problème.

Il y a dans le dysfonctionnement du système financier et Standard & Poors un parallèle à faire avec le dysfonctionnement de la gestion des entreprises. On se souvient d'Enron ou plus précisément Arthur Andersen qui certifiait des informations inexactes permettant de financer une société en faillite, du scandale du Crédit Lyonnais et de la négligence de ses contrôleurs dont l'un d'eux dirige actuellement la banque centrale européenne.

"Le bien de la fortune est un bien périssable; Quand on bâtit sur elle on bâtit sur le sable." Racan

C'est un abus de langage de parler de crise économique (même si les conséquences de la situation actuelle peuvent en provoquer une). C'est une crise du système bancaire qui nécessite d'être apuré, et particulièrement son système d'information qui doit être revu.

Le scandale de la Barrings est suffisamment connu pour que celui de la Société Générale en France n'ait rien de surprenant, après celui du Crédit Lyonnais, et d'autres...

Cela rend étonnant l'étonnement général.

L'épargnants n'ignore pas que le système financier spécule sur des indices d'indices mais il ne s'est pas interrogé comment les banques proposent des placements au revenu supérieur à la croissance du PIB, qui témoigne seule de la véritable création de richesse.

Regarder le taux du livret pour se rassurer n'est pas suffisant parce que ce taux n'est pas garanti. Il l'est d'autant moins que l'Etat est endetté. En baissant les taux, il se désendette.

Le problème réside dans le fait de n'avoir jamais protesté contre l'endettement à l'origine de la baisse des taux. Il n'est donc pâs cohérent de reprocher au système financier son dysfonctionnement pour en avoir profité sans jamais exprimer la moindre exigence.

L'argent est un moyen d'échange. C'est la santé de l'économie qui émet la devise qui fixe sa valeur. Une mauvaise économie a une mauvaise devise ou court un gros risque. L'endettement de l'Allemagne et de la France, qui plombent l'économie européenne, ont dissuadé la Grande Bretagne d'adopter l'euro et la Norvège d'adhérer à l'Union européenne. Un capital garanti ne veut plus rien dire quand la monnaie perd de sa valeur.

La fragilité des placements financiers est accentué par le désquilibre croissant de la répartition des richesses

La richesse mondiale n'est pas extensible. Elle ne croit pas au même rythme que des milliardaires. Les grandes fortunes s'accroissent pendant que le nombre de personnes pauvres augmentent. Ce transfert des richesses pèse sur le système financier au fur et à mesure qu'elles se concentrent dans les mains de quelques uns seulement (1).

Les institutions financières prennent d'autant plus de risques que les fonds qu'elles détiennent appartiennent à un nombre restreint de clients susceptibles de la quitter pour un concurrent en cas d'instatisfaction. Les banques prendront donc d'autant plus de risques que leurs clients "intéressants" se raréfieront.

L'exigence de résultat des investisseurs pousse les banques à adopter un comportement de parieurs. Elles jouent, comme aux courses, sur les marchés. A la différence qu'elles rachètent les enjeux après le départ, pour les échanger le plus grand nombre de fois pendant la course et faire le maximum de profits au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'arrivée, et les revendre juste avant le passage de la ligne. Dans ce jeux, tous les chevaux deviennent gagnants, parce que l'ordre d'arrivée n'intérssent personne. Il s'agit plutôt de jouer au Mistigri. Un trader ("gestionnaire de portefeuilles" en anglais) est un turfiste des marchés. Les subprimes sont un pari hippique.

Cette similitude entre la finance et les courses se traduit dans leur même capacité à créer des nouveaux produits pour attirer toujours plus de "joueurs" qui en ont oublié, comme dans les courses, qu'il n'y a jamais qu'un seul gagnant. C'est le problème des subprimes.

L'informatique, en permettant des transferts instantannés, accentue la spéculation et favorise la rapidité de réaction à la moindre information (et l'emballement des marchés). Ce n'est plus le marché qui produit la richesse mais l'anticipation et la rumeur. Ce comportement devient irrationnel et aboutit à des incohérences. L'union européenne voit ses produits laitiers augmenter quand elle  est en excédant laitier depuis des années et mène une politique de quotas.

Comme dans la gestion d'entreprise où elle a bousculé les méthodes de management pour dégager du "cash", la finance a adopté - dans son propre métier - une conception a-économique. Elle ne calcule plus un risque - mes outils d'aide à la décision sont là pour ça - mais elle prend des paris, de plus en plus gros et de plus en plus rapides. Cette dérive ludique et compulsive a favorisé et amplifié le phénomène et déresponsabilisé ses acteurs par le montant exorbitant des sommes mises en jeu. "Si vous devez cent dollars à la banque, c'est votre problème. Si vous devez cent millions de dollars à la banque, c'est le problème de la banque". Jean-Paul Getty

Les contribuables américains penseront aux sommes englouties par l'administration américaine en Irak et à leur emploi plus fructueux pour l'économie - dont ils auraient pu profiter - qui aurait pu en être fait quand ils seront appelés à recapitaliser leur système financier qui, comble de l'ironie, les a ruinés.

"Enfin, d'ici fin 2008, le coût de cette guerre - 12 milliards de dollars par mois -  aura dépassé celui de la guerre du Vietnam, le double du bilan de la guerre de Corée.

Avec un tiers des dépenses de guerre en Afghanistan et en Irak, il aurait été possible, souligne un rapport cité par Radio Vatican, de construire 8 millions de maisons, recruter 15 millions d'enseignants,  et les soins de santé de 530 millions d'enfants, des bourses d'études pour 46 millions de jeunes." Agence Zenit. Sans oublier les 600 000 morts irakiens. Des dirigeants US figurent parmi les actionnaires des sociétés qui se sont enrichies dans ce conflit.

La crise financière trouve son origine dans la déréglementation des marchés et l'allègement des nomes prudentielles. Ces décisions politiques ont profité aux grandes banques et témoignent de la proximité d'intérêt des élus et des financiers au point de se demander si les premeirs ne sont pas simplement des "investissements" des seconds, comme je l'ai évoqué dans ma note "Was Arko-system und sarkozing sind".

(1) Camille Landais, « Les hauts revenus en France (1998-2006) : une explosion des inégalités ? », École d’économie de Paris, juin 2007. Disponible sur www.jourdan.ens.fr/~clandais/documents/htrev.pdf

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