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03/03/2008

Une ville, un roi, une culture, deux langues et un vrai problème à résoudre.

c978041bc177ae846a0a25c7bcb1b661.jpgBruxelles ne se révèle pas immédiatement. Il n'y a pas eu de baron Hausmann ayant élevé des ensembles d'immeubles donnant un aspect cohérent et ordonné. Elle n'a pas l'inertie d'un passé plurimillénaire capable d'orchestrer le passé le présent et le futur d'une manière harmonieuse. L'installation des institutions internationnales, supranationales, et régionales ont favorisé une expansion rapide et désordonnée. Bruxelles est un patchwork de styles victorien, français, flamand, art nouveau, parsemée d'exhubérances architecturales bourgeoises qu'on retrouve dans toute l'Europe. La complexité belge s'exprime dans l'apparence de la ville mais les murs ne sont pas l'essentiel.


Ce mélange n'est pas le signe d'une dilution culturelle ou identitaire. Les drapeaux belges aux fenêtres de la ville, la queue devant les baraques à frites, le succès des gauffres et des chocolats, la science de la bière, la fierté d'être le berceau de l'art nouveau témoignent d'une identité réelle ; qu'elle parle néerlandais ou français. C'est l'expression quotidienne des 90% de Bruxellois qui subliment la prise en otage "culturelle" des extrémismes.

Ceux-ci sont dictés par l'égoïsme. Le destin des égoïstes est de finir seuls par ce qu'ils ont toujours quelque chose à reprocher à l'autre. Qu'il soit le discours d'un Etat ou d'un mouvement terroriste, tout irrédentisme ou indépendantisme trouvent leur origine dans l'exaspération d'un égoïsme, . Le mobile n'est pas la langue ou la religion, mais l'argent.

Il est plus glorieux d'expliquer l'hostilité ou l'animosité par une altérité, un particularisme, un idéal, une injustice. C'est plus gratifiant et moins vulgaires que l'impécuniosité, la radinerie. La science a même été sollicitée pour apporter son prestige à ce qui n'en avait pas. Le positivisme a cautionné les disciriminations ou l'eugénisme.
 
La barrière culturelle belge serait historique. Elle proviendrait des officiers belges responsables de la mort de leurs soldats flamands à persister à donner des ordres en français. L'imbécilité n'a pas d'excuse mais elle s'exprime avec autant de succès dans toutes les langues. La guerre a été imposée aux Belges. Il est difficle de comprendre le ressentiment de certains à l'agard de leurs compatriotes plutôt qu'envers ceux qui sont la cause du conflit. La pérennité du motif est encore plus incompréhensible quand la France et l'Allemagne ont réussi depuis à se réconcilier.

L'histoire l'établit bien. Les prétextes se résument toujours à la même chose. Les persécutions des juifs, les reproches des Italiens du nord envers ceux du sud, ceux des Allemands de l'ouest envers ceux de l'est, ceux des Français à l'égard des Corses, des Européens à l'égard des pays de l'Est, les massacres d'indiens, la colonisation, la guerre d'Irak, la corruption -qu'elle soit en Europe, aux USA, en Afrique, ou dans les pays musulmans comme l'Iran ou le Pakistan - c'est toujours une histoire d'argent. Le reproche fait en premier aux immigrés est de coûter cher, sans regarder combien ils rapportent.

L'argent corrompt la raison. Les Belges ont témoigné d'une belle perspicacité en élevant le brocard "Fraus omnia corrumpuit" au rang de principe général du droit (Pierre Ommeslaghe "Un principe général du droit : fraus omnia corrumpuit." Liber amicorum Paul Martens "L'humanisme dans la résolution des conflits"). Chacun peut être l'exploiteur, le parasite ou le paresseux d'un autre. L'appréciation de l'autre en négatif ne permet pas de vivre ensemble. Elle sépare et distingue plutôt que réunir ou rassembler. Il est aussi plus facile de trouver un sujet de discorde que de s'entendre et c'est favoriser l'instant à la durée.

Bruxelles est une ville récente mais le caractère belge est multi séculaire. Jules César parle des Belges dans la guerre des Gaules quand les Français, les Allemands, et même les Italiens n'existaient pas. La Belgique est donc une identité plus qu'une nation. Ce sentiment identitaire est à l'origine du soulèvement de 1830, qui exprime plus ce qui réunit Flamands et Wallons, pour ne pas se sentir Néerlandais ou Français, que les langues ne les séparent. La Belgique n'est pas une nation dans le sens français du terme qui exclut l'altérité ; elle est un peuple dont la diversité favorise sa capacité à s'intégrer au sein d'une communauté.

L'identité belge s'est affirmée par des traits communs qui l'ont distinguée de ses voisins. Elle devrait permettre une réponse commune aux conséquences du réchauffement de la planète et la montées des eaux qui n'innonderont pas également Flamands et Wallons. La barrière des langues et des cultures sera bien faible pour endiguer les ravages des eaux. La nature appelle donc les Belges a rester ensemble parce qu'ils ne trouveront pas de solution dans la division et n'ont pas à attendre grand'chose de leurs voisins qui se soucieront bien moins des problèmes de la Begique qu'elle ne saurait s'en soucier elle-même.

Le roi incarne l'unité. La monarchie est insensible aux particularismes parce qu'elle ne dépend pas d'une élection ou d'un suffrage acquis en flattant des égoïsmes ou la satisfaction de quelques instincts. La royauté permet d'assurer l'unité et l'avenir.

Enfin, beaucoup de pays parlent différentes langues et partagent de nombreuses cultures sans que cela les empêchent de prospérer (USA, Suisse, Espagne, Irlande, Italie, ... etc.). La Belgique peut espérer. L'union fait la force.

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