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23/01/2008

Jean Claude Michéa et la révolution de la pensée économique

2d6e1d565b6ebd5e2aaef007726a0227.jpgLe numéro 1413 de l'Homme Nouveau du 19 janvier nous présente le dernier ouvrage de Jean Claude Michéa, philosophe agréé : " L'empire du moindre mal " aux éditions Climats.


La présentation de l'ouvrage sous la plume de Benoît Schmitz pose la thèse de Jean Claude Michéa. L'homme est un être de relation. Il se réalise dans le don et le sens d'autrui. La croyance en la science remette en cause cette nataure humaine profonde et associée au libéralisme économique conduisent à une "antrhropologie de la mort".

L'anthropologie libérale pose un postulat pessimiste, celui de la nature égoïste de l'homme.Cet égoïsme explique les conflits de l'humanité divisée par les idées du bien et du mal. Le seul moyen de remédier à ces oppositions est donc d'adopter une "stratéfie du moindre mal" qui consiste à substituer des prinicpes impersonnels et amoraux à la vertu. L'oeuvre de Michel Onfray, l'apologie du plaisir, confirme cette analyse.

Jean-Claude Michéa décèle le même souci matérialiste dans les idéologies de gauche et de droite. Elles revendiquent chacune le libéralisme dans une aceptation différente qui conduit malgré tout à un résultat identique, la disparition des valeurs morales.

L'anthropologie libérale est réductrice quand elle considère l'homme seulement animé par un soucis à satisfaire ses besoins. La caractéristique de l'Homme dans la Création est d'être doté de raison et d'un langage, ce qui établit sa véraitble nature, celle d'un être social qui se réalise avant tout dans le contact et sa relation avec les autres. L'homme n'est donc pas naturellement égoïste, mais porté vers les autres.

Cette erreur fondamentale permet d'imaginer la nocuité des conséquences du libéralisme, d'autant qu'il aboutit - par sa croyance dans le progrès, la science et la technique (1) - à une pensée constructiviste, utilitariste ; cette pensée ayant été stigmatisée dans les régimes totalitaires, se caractérisant par l'athéise ou le paganisme, le scientisme et le mépris de la personne humaine.

Voilà le danger de la pensée libérale, reproduire au nom d'une liberté illusoire basée sur le marché, une société de l'asservissement. La véritable liberté étant intérieure, l'homme consent à la limiter pour le bien commun. Ce qui signifie que la liberté ne se consomme pas mais se construit, ne s'achète pas mais se découvre par l'enseignement, un enseignement du bien et du mal, des valeurs morales, des vertus humaines dont le libéralisme conduit justement à leur disparition.

L'empire du moindre mal est l'antichambre qui mène au mal.

Deux ouvrages présentent une proximité intéressante avec la thèse développée par Jean-Claude Michéa. Il s'agit de "l'Homme économique" de Chritian Laval et de "L'économie des singularités" de Lucien Karpik. Tous deux édités par Gallimard.  Le premier nous invite à rechercher l'origine de l'Homo oeconomicus dans la subversion de l'anthropologie chrétienne, le second à mesure les dangers d'une analyse poltique réduite au marché. Ces trois ouvrages témoignent de la vitalité de la réflexion française en matière d'économie poltique, laquelle se manifeste aux USA sous la plume de William Cavanaugh (2), Joseph Pearce (3). Robert Reich (4). 

(1) Cf l'ouvrage de Jacques Ellul dénonçant les dérives du "système technicien".

(2) "Etre consommé" aux éditions de l'Homme Nouveau

(3) "Small is still beautifull" reprend à son compte la thèse de Schumacher ("Small is beautiful") pour le XXI° siècle cf. L'Homme Nouveau N°1410 du 8 décembre 2007 pages 9 et s.

(4) Auteur de "Supercapitalisme, le choc entre le système économique emergeant et la démocratie" (Editions Vuibert), ancien conseiller de Bill Clinton et actuellement conseiller de Barak Obama. Son entretien dans Le Monde du 18 janvier 2008

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